Des marins américains ont-ils volontairement incendié leur porte-avions pour mettre fin à leur déploiement ?

Un feu parti de la blanchisserie de l'«USS Gerald R. Ford» a ravagé une partie du navire et blessé des marins, mais il met surtout en lumière la fatigue d'un équipage déployé depuis près de neuf mois dans un contexte de guerre.

Slate  – Un incendie à bord du porte-avions USS Gerald R. Ford inquiète la marine américaine. Au-delà des dégâts matériels, l’épisode met en lumière la fatigue extrême d’un équipage engagé depuis des mois entre la Méditerranée, les Caraïbes et la mer Rouge, dans un déploiement qui flirte avec des records de durée.

Le feu s’est déclaré le 12 mars dans les installations de blanchisserie du navire, plus précisément dans la gaine d’un sèche-linge, avant de se propager par le réseau de ventilation. Officiellement, l’incident n’est pas lié aux opérations de combat que le porte-avions mène dans le contexte de guerre avec l’Iran, mais la marine a ouvert une enquête pour déterminer les causes précises du sinistre, y compris d’éventuelles négligences humaines.

Si la propulsion nucléaire et les capacités de combat du bâtiment n’ont pas été touchées, l’ampleur de l’incendie a surpris: il a fallu plus de trente heures aux marins pour venir à bout des flammes, selon plusieurs témoignages recueillis par le New York Times. Deux marins ont été blessés –légèrement, selon le commandement américain– et des dizaines d’autres ont été incommodés par la fumée.

Un acte de sabotage?

Les conséquences à bord sont très concrètes, indique le média indien Firstpost. En se propageant depuis la blanchisserie, le feu a ravagé des zones de couchage, laissant environ 600 membres d’équipage sans bannettes. Faute de lits disponibles, certains dorment désormais sur des tables, des sols ou dans des espaces improvisés, tandis que les services de lessive restent fortement perturbés.

Cet épisode intervient alors que le Gerald R. Ford, ses 4.500 marins et son groupe aéronaval approchent des neuf à dix mois loin de leur port d’attache, soit bien au-delà des six mois habituellement prévus pour ce type de déploiement. Parti de la côte Est américaine, le porte-avions a enchaîné Méditerranée, Caraïbes puis Moyen-Orient, au rythme de redéploiements successifs dictés par les crises avec le Venezuela puis l’Iran.

À bord, la lassitude est palpable. Pannes de toilettes récurrentes, maintenance repoussée, fêtes de famille manquées et incertitude sur la date de retour alimentent un malaise que certains marins n’hésitent plus à confier anonymement à la presse. «On ne peut pas faire tourner un navire aussi longtemps à fond et espérer qu’il reste au maximum de ses capacités, lui et son équipage», résume l’ancien porte-parole du Pentagone John Kirby.

Si la marine se garde de parler officiellement de sabotage, une enquête est actuellement en cours. Certains analystes évoquent la possibilité d’un acte délibéré de la part de membres de l’équipage excédés, mais le discours officiel évoque un feu accidentel, possiblement lié à un problème électrique. Le navire doit toutefois faire escale pour réparations dans la baie de Soúda, en Crète, tout en restant engagé dans les opérations aériennes régionales.

 

 

Repéré sur Firstpost

 

 

François Montcorbier

 

 

 

Source : Slate (France)

 

 

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page