Des attaques « manifestement délibérées contre des civils » : des ONG accusent Israël de « crime de guerre », après la mort d’une journaliste libanaise

Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et l'organisation libanaise The Legal Agenda ont publié jeudi des enquêtes distinctes. La journaliste avait été tuée après s'être réfugiée dans un bâtiment, alors qu'une frappe israélienne avait visé une voiture qui la précédait.

AFP – Trois organisations de défense des droits humains ont qualifié, jeudi 6 août, de « crime de guerre » une attaque israélienne dans le sud du Liban, qui a coûté la vie à la journaliste Amal Khalil en avril. Cette correspondante chevronnée du journal Al-Akhbar de 42 ans, qui travaillait pour le quotidien Al-Akhbar, a été tuée. La caméraman indépendante avec qui elle se trouvait, Zeinab Faraj, avait, elle, été blessée dans l’attaque survenue le 22 avril dans le village d’al-Tiri, au Liban.

Le cercueil de la journaliste libanaise Amal Khalil à l'occasion de ses funérailles, à Bissariye au Liban, le 23 avril 2026. (MAHMOUD ZAYYAT / AFP)
Le cercueil de la journaliste libanaise Amal Khalil à l’occasion de ses funérailles, à Bissariye au Liban, le 23 avril 2026. (MAHMOUD ZAYYAT / AFP)

Les deux femmes s’étaient réfugiées dans un bâtiment après qu’une frappe israélienne avait visé une voiture qui les précédait. Mais le bâtiment a été pris pour cible et, si Zeinab Faraj a pu être secourue, les autorités libanaises avaient accusé l’armée israélienne d’avoir entravé les opérations de sauvetage visant à sauver Amal Khalil alors qu’elle était encore en vie.

Quinze journalistes été tués par Israël au Liban depuis 2023

Trois ONG ont publié jeudi des enquêtes distinctes. Human Rights Watch parle « d’attaques manifestement délibérées contre des civils (…) ce qui constitue un crime de guerre ». Amnesty International dénonce également une « attaque directe contre des civil·e·s », appelant à diligenter une « enquête pour crime de guerre ». Les deux ONG affirment que « l’armée israélienne savait ou aurait dû savoir » que deux femmes civiles s’étaient abritées dans le bâtiment visé, pointant l’utilisation de drones survolant la zone à basse altitude. L’enquête menée par l’organisation libanaise The Legal Agenda a elle aussi conclu à « des crimes de guerre et des violations graves du droit international humanitaire« .

Au moment des faits, l’armée israélienne avait déclaré avoir frappé un véhicule « qui venait de quitter une installation militaire utilisée par le Hezbollah », mouvement pro-iranien, et par la suite un bâtiment. Et avait démenti avoir empêché les équipes de secours d’accéder à la zone. Dans une réponse au rapport d’Amnesty, elle a précisé que « l’incident avait fait l’objet d’un examen préliminaire et que les enseignements » avaient été tirés, « regrettant tout préjudice causé aux journalistes ».

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), « 15 journalistes et professionnels des médias ont été tués par Israël » au Liban depuis octobre 2023.

Source : Franceinfo avec AFP

 

 

 

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