Débat de l’ONU, la médiation politique de Macky Sall face à l’expertise technique de ses rivaux

Seneplus Lors d’un débat télévisé organisé à New York ce jeudi, l’ancien président sénégalais a mis en avant son expérience continentale et régionale pour convaincre

Six candidats au poste de secrétaire général des Nations unies se sont affrontés lors d’un débat télévisé organisé par Bloomberg à New York ce jeudi. Entre l’expérience politique de l’ancien président sénégalais, le savoir-faire technique de Rafael Mariano Grossi et l’expérience onusienne de ses concurrentes, les styles se sont nettement distingués.

Quand Michelle Bachelet, Maria Fernanda Espinosa, Rebecca Grynspan et Carolyn Rodrigues-Birkett ont mis en avant leurs parcours au sein même du système onusien, respectivement à la tête de la présidence de l’Assemblée générale, d’agences humanitaires ou du Conseil de sécurité, Macky Sall a choisi un registre différent, celui de l’expérience de chef d’État et de médiateur continental. Interrogé sur l’attitude à adopter face à un membre permanent qui violerait la Charte, l’ancien président sénégalais a évoqué sa rencontre avec Vladimir Poutine après le déclenchement de la guerre en Ukraine, doublée d’un déplacement à Kiev, pour illustrer sa capacité à maintenir un contact permanent avec toutes les parties. Cette approche tranche avec celle de Rafael Mariano Grossi, qui a préféré s’appuyer sur son bilan technique à la tête de l’AIEA, citant les six cessez-le-feu négociés autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia comme preuve de son influence sans autorité formelle.

Sur la question du blocage du Conseil de sécurité, illustrée par la crise du détroit d’Ormuz, la plupart des candidates ont convergé vers un même registre, celui de la persévérance et du dialogue constant, à l’image de Carolyn Rodrigues-Birkett qui a insisté sur le devoir d’essayer même sans certitude de résultat.

Macky Sall, de son côté, n’a pas été directement interrogé sur ce point précis mais a construit sa réponse aux questions sur l’autorité morale autour d’un rôle « d’alerteur précoce » et de « bâtisseur de ponts », une formulation proche dans l’esprit mais moins étayée par des exemples concrets multiples que celles de ses homologues.

Réforme financière, un terrain où plusieurs candidats se rejoignent

Sur la réforme de l’architecture financière internationale, Macky Sall a partagé un diagnostic commun avec Carolyn Rodrigues-Birkett, tous deux ayant réclamé une meilleure articulation entre l’ONU et les institutions financières internationales pour alléger le fardeau de la dette des pays en développement.

L’ancien président a toutefois affiné son propos en pointant le rôle des agences de notation dans la tarification du risque, un angle que n’ont pas développé les autres candidats sur ce sujet précis.

En clôture, sur la question du plus grand danger menaçant les peuples du monde, les réponses se sont là aussi recoupées, Rebecca Grynspan évoquant l’érosion du droit international, Maria Fernanda Espinosa citant l’indifférence envers la jeunesse, tandis que Macky Sall a choisi de recentrer son propos sur le retour aux fondamentaux de la Charte, paix, sécurité et droits humains, sans formuler de menace unique comme l’ont fait ses concurrentes.

Le prochain secrétaire général, dixième du nom, sera désigné par le Conseil de sécurité dans un contexte de fragmentation géopolitique inédite depuis la création de l’organisation il y a 81 ans, selon les modérateurs de Bloomberg qui ont animé ce débat.

 

 

Source : Seneplus (Sénégal)

 

 

 

 

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