Dans le désert, les températures augmentent tellement que les dromadaires en meurent

Alors que le thermomètre s'affole, certains animaux pourtant habitués aux températures très élevées en pâtissent. Dans les déserts, dromadaires et chameaux doivent faire face à des expositions prolongées à plus de 41°C. Ils souffrent, voire en meurent.

Slate – La planète se réchauffe partout, même dans les déserts les plus brûlants au monde. Certaines régions arides d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont même enregistré des températures supérieures à 50°C en 2024. Alors que le thermomètre ne cesse de battre des records, des animaux pourtant réputés pour leur capacité à évoluer dans des environnements désertiques particulièrement chauds ne parviennent plus à y faire face. Les chameaux et les dromadaires souffrent de plus en plus des pics de chaleur.

En temps normal, ces derniers supportent aisément des températures allant jusqu’à environ 40°C. De quoi en faire, pendant des siècles, de parfaits compagnons de traversée des déserts. Mais avec une exposition prolongée à 41 à 45°C, de jour comme de nuit, les effets se font sentir physiquement. Avec des températures estivales dépassant les 50°C, la situation devient catastrophique.

De tels niveaux de chaleur endommagent directement les globules blancs et d’autres cellules, qui ont du mal à se régénérer et finissent par s’autodétruire, rapporte la BBC. Stress thermique, léthargie, maladies musculaires, osseuses et infectieuses, ou encore baisse de la production de lait et troubles de la reproduction: le réchauffement climatique fait des ravages au sein des populations des animaux à bosses du monde entier.

Ces facteurs sont aggravés par d’autres conséquences de la chaleur extrême, comme la perte de végétation et d’eau, le manque de zones ombragées et de services vétérinaires. Cumulés, ces éléments augmentent la mortalité animale.

Surmortalité inquiétante

L’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique abritent environ 80% de la population mondiale de dromadaires. Dans cette région, plusieurs études ont mis en lumière une surmortalité chez ces mammifères, corrélée aux fortes chaleurs.

En Somalie, par exemple, une étude publiée en juin a montré que la mortalité des chameaux et des dromadaires liée à la sécheresse s’est généralisée. Près de 46% des ménages possédant des bêtes ont constaté des décès liés à la chaleur lors des douze derniers mois. Le taux de mortalité des dromadaires atteint même près de 73% des cas.

Des conducteurs de caravanes de dromadaires transportant du sel à travers le désert de la région Afar, au nord-est de l’Éthiopie, témoignent auprès de la BBC. «Les dromadaires ont des ampoules aux pattes, les yeux qui larmoient, et le sable chaud leur brûle la peau et leur ronge les poils lorsqu’ils sont assis, explique l’un d’entre eux. Au cours du dernier mois, j’ai perdu huit chamelons à cause de la chaleur extrême.»

Pour préserver leur bétail, de nombreux éleveurs ont ainsi migré vers des régions moins arides. Un énième exemple des conséquences du réchauffement climatique et de ses effets dramatiques.

 

 

Repéré sur BBC

 

 

Ernest Ginot

 

 

Source : Slate (France)

 

 

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