Cotonou et Abidjan rejettent les accusations de Niamey

Agence de Presse Africaine – La Côte d’Ivoire a convoqué vendredi l’ambassadeur du Niger à Abidjan après les accusations du président nigérien Abdourahmane Tiani, tandis que le Bénin a fermement rejeté toute implication dans l’attaque contre l’aéroport de Niamey dans la nuit du 28 au 29 janvier.

La Côte d’Ivoire et le Bénin ont réagi vendredi aux accusations du président nigérien, le général Abdourahmane Tiani, qui les a désignés comme « sponsors » de l’attaque armée ayant visé la base aérienne 101 et l’aéroport international Diori Hamani de Niamey.

En visite jeudi sur le site de l’attaque, le président nigérien avait tenu des propos offensifs à l’endroit de plusieurs dirigeants ouest-africains, citant notamment les présidents béninois Patrice Talon et ivoirien Alassane Ouattara, ainsi que le président français Emmanuel Macron.

« Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires (…) qu’ils s’apprêtent à nous écouter rugir », avait déclaré le général Tiani, affirmant que ses forces avaient neutralisé vingt assaillants et arrêté onze autres, selon le ministère nigérien de la Défense.

Il avait également salué l’appui de partenaires russes, indiquant que les assaillants avaient été mis en déroute en moins de vingt minutes. L’attaque a endommagé trois avions civils, dont un Airbus A319 d’Air Côte d’Ivoire.

Le Bénin a rejeté toute implication dans l’attaque. Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbédji, a qualifié ces accusations d’infondées et relevant de la jalousie.
« Les Nigériens eux-mêmes n’y croient pas. Sur les réseaux sociaux, les citoyens nigériens disent : laissez le petit Bénin tranquille, nous savons que les Béninois sont nos frères, nos amis », a-t-il déclaré.

Utilisant une métaphore scolaire, M. Houngbédji a ajouté : « Quand vous êtes premier de la classe, cela ne fait pas que des heureux. De quel pays parle aujourd’hui le monde entier avec autant d’emphase ? Quelle est cette destination que les gens veulent découvrir sur les réseaux sociaux ? C’est encore du Bénin ».

Il a également évoqué les événements du 7 décembre dernier, suggérant que certains pays de la sous-région pourraient « allumer un contre-feu » pour détourner l’attention de leurs propres responsabilités.

Le porte-parole béninois a enfin assuré que le pays maintiendrait et amplifierait ses efforts sécuritaires : « Nous ne prendrons aucune menace à la légère. Mais nous n’aurons pas de temps à perdre avec des gens dont la seule vocation est de nous empêcher d’avancer ».

La Côte d’Ivoire, pour sa part, a convoqué l’ambassadeur du Niger à Abidjan. Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères a exprimé sa « vive indignation » et condamné des propos jugés contraires aux usages diplomatiques et portant atteinte à l’honneur du président Alassane Ouattara et du peuple ivoirien.

Abidjan a rappelé son attachement au dialogue et à la paix dans la sous-région et a remis une note de protestation formelle au diplomate nigérien, se réservant le droit de tirer toutes les conséquences nécessaires.

Ces tensions diplomatiques s’inscrivent dans un contexte régional déjà fragilisé depuis le coup d’État de juillet 2023 qui a porté le général Tiani au pouvoir alors que le groupe État islamisue a revendiqué, vendredi, via son agence de propagande Amaq, l’attaque ayant visé l’aéroport de Niamey.

 

 

 

 

Source : Agence de Presse Africaine (APA)

 

 

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