
So Foot – Lors de la séance de tirs au but entre l’Australie et l’Égypte ayant fini en faveur des Pharaons, on n’a pu s’empêcher d’avoir de la peine pour le pauvre Lucas Herrington. À peine majeur, envoyer ce gamin aux 9 mètres quinze n’aura pas été un coup de génie. Un profil comme beaucoup d’autres qu’il faut éviter de mettre en première ligne.
Les meilleurs tireurs en dernier
Vous êtes adroit devant le but, vous êtes même considéré comme une star planétaire pour certains, mais vous ne prenez pas vos responsabilités. Enfin si, mais vous attendez que quatre copains aient tenté leur chance. Tout cela pour miser sur la probabilité que tout un pays compte sur vous afin de mettre le penalty décisif et prendre toute la lumière. Des fois ça marche, comme Sadio Mané qui terrassera l’Égypte en finale de CAN et en barrages de Coupe du monde, aux dépens de Mo Salah. Des fois vous finissez par faire retomber toute la pression sur vous et vous n’arrivez pas à gérer. Finalement, si Roberto Baggio avait pris ses responsabilités en premier, peut-être qu’il n’aurait pas envoyé son ballon au paradis. Le summum de la bêtise arrive quand la séance se termine, avant même que le fameux grand joueur ait pu tirer son penalty. Cristiano Ronaldo contre l’Espagne à l’Euro 2012 ou Neymar lors de la bérézina face aux Croates en sont des exemples qui font encore cauchemarder certains. Pour qu’une telle situation ne se reproduise plus, conduisez-vous en adulte et tirez quoi qu’il en coûte. Finalement, seuls les absents ont toujours tort.
La fausse bonne idée par excellence. Le chrono tourne au moment de la prolongation, et on sent qu’on n’échappera pas à une séance fatidique. Sur le banc, si on a encore des cartouches, on se dit qu’on peut faire rentrer du sang neuf qui n’aura qu’à balancer une praline dans les cages. Pourtant, ces dernières années, on a tendance à croire l’exact opposé. La faute à de gros traumatismes vécus dans le championnat d’Europe, les entrées de Jadon Sancho et Marcus Rashford qui offriront le trophée à Gianluigi Donnarumma. Une revanche pour la Nazionale car cinq ans plus tôt, Simone Zaza remplaçait Giorgio Chiellini en quarts de finale contre l’Allemagne, pour nous offrir une gestuelle et un péno qui resteront dans la postérité. Au point où lorsque l’on voit un joueur entrer pour ce moment, on se dit désormais qu’il enverra ça dans les nuages. Le milieu offensif égyptien Mahmoud Saber aura conjuré le sort dans ce seizième de finale, mais ne tentez pas le diable et favorisez les joueurs avec du rythme dans les jambes.
📼 LE MOMENT RÉTRO
Il y a 6 ans, jour pour jour, un homme du nom de Simone #Zaza créa ce penalty légendaire !
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— Team Serie A (@teamserieafr) July 1, 2022
Le cas vient d’être évoqué avec Lucas Herrington, mais les gamins avec de la glace dans les veines comme Désiré Doué n’existent pas par centaines. Pour beaucoup d’entre eux, ça reste des gamins en plein développement que tu risques d’envoyer à l’abattoir. Les jambes qui tremblent, les yeux qui disent que le petit aimerait être ailleurs et une frappe souvent trop forte pour combler ce manque d’assurance. Un cocktail qui fait toujours peine à voir. On peut se dire que ça sert de test pour voir ce qu’il a dans le ventre, et qu’au pire cela lui forgera le caractère. Des expériences plus ou moins fructueuses quand on pense aux Anglais de l’Euro 2021 ou à Reynald Pedros qui vivait la fin de sa carrière internationale après avoir scellé l’Euro 96 des Bleus contre la Tchéquie. Sifflée au Parc des Princes, l’icône nantaise déclarera sèchement : « Je ne m’attendais pas à être traité comme un étranger en équipe de France ». Mais on a tendance à oublier les séquelles que cela a pu laisser sur Romelu Lukaku. Alors qu’on ne l’appelait pas encore « Big Rom », le grand espoir belge se rate lors de la Supercoupe d’Europe 2013, sous le maillot de Chelsea. Ce sera sa dernière apparition sous le maillot des Blues avant de revenir neuf ans plus tard pour obtenir sa revanche dans un come-back qu’on aurait préféré oublier. Pour le bien de certaines santés mentales, merci de faire tirer ceux qui ont un peu de bouteille.
→ Les défenseurs centraux
Faire tirer celui qui se trouve le plus loin du but s’avère être quitte ou double. Oui, certains sont devenus spécialistes en la matière comme Sergio Ramos ou Harry Maguire. Ce qui vient sûrement d’une certaine décontraction avec leur puissance physique et le fait qu’on ne les attend pas vraiment à cet endroit. Après tout, on attend plutôt les autres pour faire ce boulot, donc personne ne leur en voudra s’ils se foirent. Ceci étant dit, certains d’entre eux ont déjà tué les espoirs de tout un peuple. Pour prendre cette rencontre des Socceroos, commencer la séance avec un Harry Souttar se prenant pour Thomas Ramos devait être difficile à vivre. Quelques jours plus tôt, c’était un Jonathan Tah novice dans l’exercice qui était obligé de s’avancer pendant que certains tremblaient de peur. Ça n’a pas raté. Certains ont même la poisse avec eux, comme John Terry et sa fameuse glissade lors de la finale de Ligue des champions 2008, se prenant la tête dans les jambes. Et ce n’est pas le monde latino qui dira le contraire, Michael Umaña et Gonzalo Jara brisant les épopées du Costa Rica et du Chili au Mondial 2014. Faire confiance à son roc peut s’envisager, mais cela reste une stratégie à vos risques et périls.
Mathieu Plasse
Source : So Foot (France)
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