Courrier international – Des années après la tentative d’instauration d’un califat en Syrie sous la férule du groupe terroriste État islamique (ou Daech, l’acronyme en arabe), l’Afrique subsaharienne concrétisera-t-elle ce mirage djihadiste ? C’est en Afrique subsaharienne désormais que l’organisation État islamique et Al-Qaida sont les plus actives et les plus meurtrières.
Dans le Sahel, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (acronyme arabe Jnim, affilié à Al-Qaida) et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS, affilié à l’État islamique) multiplient les attaques et menacent d’effondrement certains États, comme le Mali ou encore le Burkina Faso, qui ploient sous la pression sécuritaire.
Plus encore, les groupes djihadistes s’étendent vers les pays du golfe de Guinée, Bénin, Togo et Côte d’Ivoire ayant à déplorer attaques et incursions régulières. Les spécialistes craignent déjà un effet domino qui pourrait déstabiliser ces pays de la côte atlantique.
Également dans cette nébuleuse de djihadisme décentralisé, le groupe rebelle ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF dans son acronyme en anglais), qui depuis son allégeance en 2019 à l’État islamique a intensifié ses actions en République démocratique du Congo (RDC) et au Mozambique. Sous la bannière de l’État islamique en Afrique centrale (Iscap), ils sont notamment actifs dans l’est de la RDC.
Des violences qui s’étendent
Dans le nord du Nigeria, et plus largement autour du lac Tchad, sévit État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), un groupe armé affilié à l’État islamique qui s’est séparé de Boko Haram en 2016. Depuis, il est devenu un groupe dominant. Les violences des djihadistes se sont étendues au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.
Reste désormais l’hypothèse d’une jonction et d’une coordination accrue entre ces groupes djihadistes affiliés à l’État islamique, notamment entre l’Iswap nigérian et l’État islamique sahélien, le Sahel et le bassin du lac Tchad constituant l’épicentre de l’insurrection.
L’attaque de l’aéroport de Niamey, fin janvier, pourrait confirmer cette hypothèse. Sollicité par le site panafricain Tama Media, l’historien belge Pieter Van Ostaeyen, spécialiste reconnu pour son expertise sur l’État islamique, estime que l’offensive “a été coordonnée entre l’Iswap et l’ISSP (acronyme anglais de l’État islamique au Sahel, EI-S)”. Pour le chercheur, il s’agit là d’“une évolution très importante et inquiétante”.
Source : Courrier international (France)
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