CAN 2027 : face aux retards accumulés par les trois pays organisateurs, la Confédération africaine de football envisage des solutions de remplacement

La lenteur des travaux au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie fait naître des doutes quant à la capacité de ces pays à organiser la prochaine Coupe d’Afrique des nations de football, à l’été 2027. La CAF a sondé plusieurs pays susceptibles d’accueillir la compétition au pied levé.

Le Monde – La prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui doit se dérouler du 19 juin au 17 juillet 2027, aura-t-elle bien lieu comme prévu au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda ? Une semaine avant le coup d’envoi des qualifications pour la compétition, qui ont débuté jeudi 24 septembre, cette question a été posée à Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine de football (CAF), lors d’une conférence de presse. Celle-ci était organisée à la fin de sa tournée d’inspection dans les trois pays hôtes.

Le dirigeant sud-africain a assuré que la CAF n’envisageait « ni plan B ni plan C », battant ainsi en brèche l’hypothèse d’une délocalisation du tournoi continental. Face aux retards dans l’avancée des travaux, en particulier au Kenya et en Ouganda, le patron du football africain a cependant admis qu’« il exist[ait] une situation de grande urgence, à neuf mois de la CAN ». Une nouvelle visite de contrôle de Patrice Motsepe est d’ores et déjà prévue, en janvier 2027.

Ces déclarations quelque peu contradictoires ont inévitablement relancé le débat sur une éventuelle attribution de la prochaine CAN à un autre pays. Des rumeurs ont circulé sur le fait que la CAF avait tenté des approches discrètes auprès de nations disposant des infrastructures nécessaires pour accueillir au pied levé un événement sportif d’une telle envergure. « Ils sont cinq en Afrique à pouvoir relever un tel défi, notamment parce qu’ils possèdent assez de stades homologués : l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Egypte, le Maroc et la Côte d’Ivoire », précise Saïd Ali Saïd Athouman, le président de la Fédération de football des Comores.

Selon nos informations, le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Algérie, qui disposent respectivement de 16, 13 et sept enceintes aux normes, ont été contactés par la CAF. L’Egypte, qui devrait prochainement annoncer sa candidature à l’organisation de l’édition 2028, et la Côte d’Ivoire, où s’est tenue celle de 2023, pourraient également être démarchées par l’instance.

« Pas tenable »

« Il reste maintenant à savoir ce que répondront les trois pays concernés. Récemment, le Maroc [théâtre de la CAN 2025] a fait savoir qu’il ne serait plus candidat, afin de se concentrer sur la Coupe du monde 2030 [qu’il organisera conjointement avec l’Espagne et le Portugal], et l’Algérie a dit qu’elle privilégiait le développement de son football », explique Saïd Ali Saïd Athouman. L’Afrique du Sud, qui n’a plus accueilli la Coupe d’Afrique des nations depuis 2013, s’était déclarée prête, au début de l’année 2026, à suppléer le Maroc pour recevoir en urgence l’édition féminine. Celle-ci s’est finalement déroulée dans le royaume chérifien.

Au sein du comité exécutif de la CAF, plusieurs membres sont pratiquement convaincus que le trio qui doit organiser la CAN 2027 ne sera pas en mesure d’honorer ses engagements. Ils imaginent le même scénario que pour l’édition 2019. A l’époque, le Cameroun, qui avait pris du retard dans les travaux, s’était vu retirer l’organisation du tournoi – finalement disputé en Egypte –, mais avait bénéficié d’un délai de deux ans. Il avait accueilli la compétition en 2021.

« Personnellement, et je ne suis pas le seul, cela fait un certain temps que je pense que, sauf miracle, la CAN n’aura pas lieu au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Elle aura lieu, car la CAF ne peut pas faire l’impasse sur une phase finale. Economiquement, cela ne serait pas tenable », estime un membre du comité exécutif de l’instance africaine. Cette dernière, sous la pression du président de la Fédération internationale de football (FIFA), Gianni Infantino, a, en effet, décidé qu’à partir de 2028 la CAN aurait lieu tous les quatre ans.

Pour compenser cet important manque à gagner, la CAF a annoncé la création d’une Ligue des nations, sur le modèle de la compétition supervisée par l’Union des associations européennes de football (UEFA) et la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), mais dont les contours restent flous. « Si l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie ne peuvent pas organiser la CAN, il faut que la CAF n’attende pas trop longtemps pour l’annoncer et désigner un pays. Il faut que l’on sache », déclare Saïd Ali Saïd Athouman. Contactée, l’instance n’a pas répondu à nos sollicitations à ce sujet.

 

 

 

 

 

 

Source : Le Monde

 

 

 

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