RFI – Il rappe et il chante en français, en anglais, mais surtout en poular, sa langue maternelle. À 29 ans, BRMX s’impose comme l’une des voix montantes du rap mauritanien. Dans son nouvel album Martaba – « élévation » en français –, il mêle rythmes africains et influences urbaines pour aborder des sujets encore tabous dans son pays, comme la santé mentale ou les violences faites aux femmes.
Une voix douce pour raconter l’urgence et l’espoir mauritaniens
Avec une voix pudique, presque à contre-courant des réalités qu’il décrit, BRMX s’impose comme une plume singulière de la scène musicale mauritanienne. Derrière cette mise à distance apparente se cache pourtant une parole forte, engagée et profondément ancrée dans le réel.
Une musique pour briser le silence
Dans son titre « Massa », l’artiste aborde frontalement des sujets encore largement tabous dans son pays, à commencer par les violences faites aux femmes. « C’est un sujet entouré de beaucoup de silence et de frustration », explique-t-il.
Mais BRMX ne s’arrête pas là. Sa musique élargit le propos en évoquant les droits des enfants, ainsi que la jeunesse et son émancipation. Autant de thèmes qui traduisent une volonté claire : faire entendre des réalités souvent tues.
Une enfance marquée par la précarité
Derrière le pseudonyme BRMX se cache Brahim N’dongo. Né dans une cité minière proche du Sénégal, il grandit dans un environnement difficile. Très jeune, il participe à la survie familiale en gardant le bétail de son père, allant de maison en maison pour trouver de quoi le nourrir.
Une enfance rude qui, aujourd’hui encore, nourrit son écriture et donne à ses textes une authenticité palpable. Ses paroles, empreintes de vécu, résonnent comme un témoignage sincère : « On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas son pays… »
Transformer les épreuves en ambition
Loin de toute posture fataliste, BRMX regarde résolument vers l’avenir. Son objectif : faire rayonner la Mauritanie à travers sa musique. Dans ses morceaux, il met en lumière les contrastes de son pays : un territoire confronté à de grandes difficultés économiques, mais riche d’un potentiel humain considérable. « C’est l’un des pays les plus pauvres du monde, mais aussi l’un des plus riches humainement », souligne-t-il.
Une jeunesse au cœur des enjeux
La vision de BRMX repose en grande partie sur la jeunesse mauritanienne. Avec près de 60 % de la population ayant moins de 18 ans, le pays dispose d’un vivier exceptionnel.
Pour l’artiste, cette jeunesse représente une force capable de transformer la société, malgré les obstacles. Ressources minières, potentiel pétrolier, énergie créative : autant d’atouts qu’il souhaite voir valorisés.
Faire entendre la Mauritanie autrement
Au-delà de la musique, BRMX porte un message plus large : faire accéder la Mauritanie à une reconnaissance culturelle internationale. « Nous voulons être à la même table que les autres pays culturellement », affirme-t-il.
À travers ses textes et ses sonorités, il esquisse une autre image de son pays : celle d’une nation vibrante, pleine de contradictions, mais surtout riche de talents et d’espoirs.
Carmen Lunsmann
Source : RFI
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