Au moins 50 militaires et cinq mercenaires russes tués jeudi au Mali dans une attaque jihadiste, selon des sources sécuritaires

AFPAu moins 50 militaires maliens et cinq paramilitaires russes d’Africa Corps ont été tués jeudi lors d’une attaque jihadiste d’ampleur contre le camp militaire de Dioura, dans le centre du Mali, selon des sources sécuritaires et locales jointes lundi par l’AFP.

Cette attaque, revendiquée dès jeudi par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda, est l’une des plus meurtrières subies par l’armée malienne depuis le début du conflit qui ravage le pays d’Afrique de l’Ouest depuis une quinzaine d’années.

Plusieurs sources contactées par l’AFP font état d’un bilan encore plus lourd, entre 60 et 80 militaires tués. Plusieurs dizaines de soldats maliens ont également été faits prisonniers, selon ces sources.

« Le bilan est élevé. Sans parler des blessés, je peux dire que nous déplorons la mort de plus de 50 de nos éléments, dont cinq éléments d’Africa Corps », a déclaré à l’AFP un officier présent sur le théâtre des opérations.

Une autre source sécuritaire à Mopti (centre) a pour sa part fait état de « plus de 60 soldats tués dans l’attaque, en plus d’une soixantaine d’autres prisonniers ».

« Nombreux prisonniers »

De son côté, un élu local contacté par l’AFP a évoqué « au moins 80 militaires tués et de nombreux prisonniers ». « Les jihadistes ont attaqué le camp de Dioura et sont revenus le lendemain (…) L’armée n’a pas envoyé de renforts sur place », a ajouté cette source.

Depuis 2012, le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire, nourrie notamment par les violences de groupes jihadistes, de leurs alliés indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) et de groupes criminels communautaires.

Le pays sahélien dirigé par une junte s’est rapproché de la Russie, dont les paramilitaires du groupe Africa Corps l’aident dans sa lutte antijihadiste.

Le pays est plongé dans une situation sécuritaire encore plus critique depuis fin avril 2026. Les jihadistes du JNIM alliés à la rébellion du FLA avaient alors lancé une série d’attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte et de l’armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako, la capitale. Ces attaques ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense.

Dans un communiqué publié dimanche concernant la situation de Dioura, l’armée malienne a annoncé des « opérations aéroterrestres engagées contre les assaillants de Dioura », faisant état de la « neutralisation », au sud-ouest de la ville, de « plusieurs éléments terroristes à motocyclette qui tentaient de se dissimuler sous un couvert végétal ».

Sur le terrain, des habitants ont décrit une situation confuse après les violents combats. « Le camp était resté vide depuis l’attaque. Samedi, des hommes armés y sont retournés sans tirer de coups de feu avant de repartir quelques heures plus tard « , a rapporté à l’AFP un habitant sous couvert d’anonymat.

« Hier dimanche, des hélicoptères de l’armée faisaient la ronde dans le secteur et ont mené quelques frappes à la périphérie de la ville. Plusieurs dizaines de soldats ont perdu la vie, c’est une certitude », a indiqué de son côté un responsable local de la société civile.

Le site de Dioura a été ciblé à plusieurs reprises ces dernières années par les jihadistes et les rebelles du FLA. En mai 2025, le JNIM y avait revendiqué la mort d’une quarantaine de soldats.

Le 18 juillet dernier, au moins 50 autres militaires avaient déjà été tués au Mali. La coalition d’indépendantistes touareg et de jihadistes avait alors tendu une embuscade contre un convoi de l’armée qui quittait la ville stratégique d’Anéfis, dans le nord du pays, pour se rendre dans la grande ville de Gao.

 

 

 

AFP

 

 

Source : L’Orient Le Jour

 

 

 

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