Info Migrants – Selon un activiste espagnol, 33 corps de migrants subsahariens ont été récupérés mercredi 11 mars par les autorités algériennes au large de la capitale. Leur embarcation aurait fait naufrage. Leurs corps sont visibles dans une vidéo obtenue par le militant. Contactées, les autorités algériennes n’ont pas répondu à nos sollicitations.
Trente-trois migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont péri dans le naufrage d’une embarcation au large d’Alger, mercredi 11 mars, selon des informations relayées par Francisco Jose Clemente Martin, un activiste espagnol qui suit de près les routes migratoires en Méditerranée centrale.
Sur une vidéo postée sur son compte Facebook, plusieurs corps de migrants sont alignés sur un quai du port d’Alger, certains dans des sacs mortuaires noirs, d’autres sans draps pour les recouvrir. Une ambulance de la protection civile est visible au début de la vidéo. Et un agent, dont l’uniforme ressemble à celui de la protection civile algérienne, apparaît aussi au milieu de la vidéo. « C’est une source portuaire qui m’a envoyé la vidéo, elle a ensuite été reprise sur les réseaux sociaux par d’autres personnes », explique Francisco Jose Clemente Martin à InfoMigrants.
Le compte Refugees in Libya a notamment relayé le drame sur X.
Yesterday, a boat carrying 33 Sub-Saharan people sank off the coast of the capital, Algiers, in Algeria. Sadly, all 33 people are believed to have died.
According to Algerian rescue services, several bodies have already been recovered from the sea, while the tragedy continues… pic.twitter.com/MxnEgj16he
— Refugees In Libya (@RefugeesinLibya) March 13, 2026
Difficile d’avoir plus de précisions sur le drame ou les causes de la mort des exilés. Contactées par InfoMigrants, la Direction de la protection civile algérienne et les autorités maritimes disent « ne pas avoir d’informations » à communiquer. Idem pour le ministère de l’Intérieur algérien qui n’a pas répondu à nos questions.
Également contactée, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déclaré par téléphone ne pas avoir « d’informations à ce sujet ».
Difficile enfin de savoir le genre et la nationalité des cadavres. « Il y a peut-être des femmes, on ne sait pas », ajoute l’activiste espagnol. « Les autorités refusent toujours de parler [de ces drames] ».
Drames fréquents
La route des Baléares, depuis les côtes algériennes vers les îles espagnoles, s’est considérablement développée ces dernières années. Selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur espagnol, 1 900 migrants ont atteint l’archipel entre le 1er janvier et le 28 février 2026. Soit une hausse de 6 % par rapport à l’an dernier à la même période.
Les drames sont malheureusement fréquents sur cette dangereuse route maritime. « Les dangers de cette traversée sont même plus importants en raison des distances, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », précise l’association espagnole Caminando Fronteras. Selon l’ONG, 1 037 personnes parties d’Algérie vers les Baléares ont perdu la vie en 2025. Elles étaient moitié moins (517) en 2024.
Auparavant, la grande majorité des migrants arrivés aux Baléares venaient d’Algérie. Désormais, de plus en plus de Subsahariens empruntent cet itinéraire, à mesure que d’autres se ferment en Méditerranée centrale (Libye, Tunisie) ou dans l’Atlantique (routes des Canaries). En 2023, 73 % des personnes arrivant aux Baléares étaient d’origine maghrébine, en 2025, ce pourcentage est descendu à 30 % alors que celui des personnes en provenance d’autres pays africains a atteint 70 %.

De nombreux migrants subsahariens qui sont présents en Algérie tentent de quitter le pays face aux exactions des autorités. Selon l’ONG Alarme Phone Sahara (APS), les autorités algériennes ont illégalement expulsé 34 236 migrants vers le désert, en direction de la frontière nigérienne, en 2025. Du jamais vu.
Depuis des années, les associations n’ont de cesse de dénoncer ces expulsions, opérées en dehors de tout cadre légal. « Les forces de sécurité algériennes n’épargnent personne. Régulièrement, de nombreuses femmes et enfants, souvent même des bébés, se trouvent parmi les personnes expulsées », signale APS dans un récent rapport, ajoutant que « de nombreuses personnes arrivent [au Niger] avec des blessures et des traumatismes infligés par les forces de sécurité ».
De nombreux migrants en Algérie font aussi appel à l’OIM pour bénéficier d’un « retour volontaire ». Entre le 15 février 2025 et le 15 février 2026, l’antenne de l’OIM en Algérie a « facilité le retour sûr et digne de 10 240 migrants vers leurs pays d’origine », indique l’agence onusienne. Ces retours ont été organisés vers la Guinée, le Mali, le Nigéria, le Burkina Faso et le Bénin, ainsi que vers des pays situés en dehors de la région, tels que le Bangladesh, la Somalie et la République démocratique du Congo.
Au cours du seul mois de février 2026, précise l’OIM, plus de 1 400 retours ont été organisés depuis Alger et Tamanrasset, dont 150 retours vers le Niger.
Source : Info Migrants (France)
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