– Patrice Motsepe est venu apporter aux Sénégalais et aux Marocains un message « d’amour » et d’« unité ». « Nous ne laisserons jamais le football nous diviser », a insisté le président de la Confédération africaine de football (CAF). Le temps d’une tournée diplomatique express entre Dakar et Rabat, mercredi 8 et jeudi 9 avril, le Sud-Africain s’est mué en pacificateur. Il a tenté de calmer les tensions entre les deux finalistes de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), alors que chacun réclame la couronne continentale.
Le 18 janvier, à Rabat, les Lions de la Teranga avaient remporté ce duel 1-0 malgré leur retrait du terrain – plus de dix minutes – pour protester contre un penalty sifflé dans les dernières minutes du match en faveur de leurs adversaires.
Le 17 mars, le jury d’appel de la CAF a déclaré le Sénégal « forfait » et accordé à la sélection marocaine une victoire 3-0 sur tapis vert, sans aller jusqu’à se prononcer formellement sur l’attribution du titre. La Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester cette décision.
Pour M. Motsepe, la finale chaotique est « derrière nous ». Le plus important, insiste-t-il, est ailleurs : « Se concentrer » sur la Coupe du monde qui démarre le 11 juin, à laquelle dix sélections africaines – un record – participeront. La finale de la CAN, une histoire ancienne ? Les journalistes sénégalais et marocains ont insisté : qui est champion d’Afrique ? « Vous pouvez me poser la même question cent fois, je vous donnerai cent fois la même réponse », a-t-il tranché, se contentant de renvoyer à la décision du TAS.
Chacun s’accroche à sa victoire
Souriant, il a concédé que ses juristes lui ont glissé : « Patrice, les règles n’étaient pas destinées à gérer ce genre de situation. » LA CAF promet désormais de les revoir « pour veiller à ce que ce qui s’est passé ne se reproduise plus jamais ». En attendant, chacun s’accroche à sa victoire. A Dakar, pas de doute : la banderole déployée derrière Patrice Motsepe lors de sa conférence de presse arborait deux étoiles, pour les titres de 2022 et de 2026. Signe de l’importance du dossier, le président de la CAF a également été reçu par le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye.
Autre sujet sensible abordé lors des deux séjours de M. Motsepe : le cas des 18 Sénégalais condamnés en première instance au Maroc à des peines de prison ferme pour « hooliganisme » et dont le procès en appel est prévu le 13 avril.
Vu de Rabat, l’attitude des Sénégalais passe pour une « provocation » : les Marocains ont mal vécu la présentation du trophée de la CAN au Stade de France, le 28 mars, les accusations de favoritisme – durant le tournoi et devant le jury d’appel – et les soupçons de corruption visant la Confédération africaine.
« Je suis fier que le gouvernement du Maroc et la Fédération marocaine de football n’aient pas répondu à certaines questions jugées inappropriées, a rétorqué M. Motsepe. Si quelqu’un veut engager une action en justice en alléguant qu’il y a de la corruption à la CAF, non seulement je l’accueille favorablement, mais je l’y encourage. »
A Dakar comme à Rabat, après avoir rencontré ses « frères » Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise, et Fouzi Lekjaa, son homologue marocain, le milliardaire Patrice Motsepe a tenté de clore la parenthèse de la finale : « Arrêtons de croire systématiquement que l’Afrique échoue. »
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