
La nouvelle feuille de route entre la Mauritanie et la Banque mondiale, entend précisément franchir le cap de plus de 7 milliards de dollars à l’horizon 2045.
Cette feuille de route est très ambitieuse. Ce chiffre donne des vertiges aux observateurs qui pointent un pays qui peine depuis des décennies à rompre avec le modèle consistant à extraire puis exporter la matière première. Le vrai problème réside dans le passage de l’extraction à l’industrie. Car doubler les volumes extraits n’aurait pas la même portée économique que transformer davantage en Mauritanie. Sur le terrain, il s’agira de développer des PME nationales autour des mines, transférer des compétences technologiques et créer des emplois qualifiés. Cette nouvelle stratégie des autorités de Nouakchott qui entend franchir le cap de plus de 7 milliards de dollars, risque de devenir en 2045 une date refuge. L’autre contradiction de cette feuille de route réside dans la construction d’une véritable industrie minière qui impose une électricité abondante et compétitive, des ressources en eau, des réseaux de transport, des capacités ferroviaires et portuaires ainsi que des compétences techniques. Le débat dépasse le ministère des Mines car le minerai appartient au pays, ses bénéfices doivent se voir dans la société. Ce pari risque de devenir un nouveau mirage extractif.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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