Mauritanie : Habi Rabah Ahmed, de la servitude au Parlement

Trust Magazine – Libérée en 2008 après plus de trois décennies de servitude, l’ancienne victime de l’esclavage siège désormais à l’Assemblée nationale mauritanienne. De son engagement abolitionniste à son entrée au Parlement comme suppléante de Mariem Cheikh Dieng, son parcours témoigne d’une trajectoire hors du commun.

Habi Rabah Ahmed, ancienne victime de l’esclavage devenue militante abolitionniste, a accédé à l’Assemblée nationale mauritanienne en remplacement de Mariem Cheikh Dieng. Une nouvelle étape dans le parcours d’une femme qui, après avoir été privée de liberté durant plusieurs décennies, participe désormais aux débats parlementaires.

Selon un témoignage rapporté par BBC Afrique en juillet 2018, Habi Rabah avait été réduite en esclavage dès l’âge de cinq ans. Sa libération, en 2008, serait intervenue après que son frère, Bilal Ould Rabah, eut alerté des organisations de défense des droits humains et le mouvement Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), dirigé par Biram Dah Abeid.

Après sa libération, elle s’est engagée dans la lutte contre l’esclavage et les discriminations. En 2018, elle avait déjà tenté d’accéder à l’Assemblée nationale en se présentant aux élections législatives sur la liste nationale de la coalition Sawab–IRA. Son entrée au Parlement marque ainsi une nouvelle étape dans un engagement amorcé sur le terrain de la lutte abolitionniste.

Son accession à l’hémicycle intervient après la déchéance du mandat de Mariem Cheikh Samba Dieng, confirmée le 1ᵉʳ octobre 2026 par le Conseil constitutionnel. La décision concernait également la députée Ghamou Achour Salem. Elle faisait suite au rejet, le 29 septembre, de leur pourvoi en cassation par la Cour suprême, rendant définitive leur condamnation, assortie d’une privation des droits civiques et politiques pendant cinq ans.

Lors de sa première intervention parlementaire rapportée le mardi 27 octobre, Haby Mint Rabah a exprimé sa solidarité avec l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, des détenus liés au mouvement IRA et le général Labatt Ould Maayouf. Elle a également dénoncé les difficultés des populations déplacées, notamment le manque d’accès à l’éducation, à l’eau, à l’électricité et aux soins de santé. Sur le plan économique, elle a critiqué le recours à de nouveaux emprunts, estimant que les financements précédents n’avaient pas atteint les objectifs escomptés.

De la servitude à la représentation nationale, le parcours de Habi Rabah Ahmed illustre une trajectoire individuelle marquée par la lutte pour la liberté et l’engagement politique. Son arrivée au Parlement donne désormais une nouvelle dimension à cette histoire, dans un pays où la lutte contre l’esclavage et les discriminations demeure un enjeu majeur.

 

 

Source : Trust Magazine (Mauritanie)

 

 

 

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