
L’absence de cadres négro-africains arabisants des centres de décisions depuis des décennies, est un secret de polichinelle en Mauritanie. C’est le plus grand mensonge de l’égalité des chances depuis 2019.
L’invisibilité des cadres négro-africains sortis quelque fois majors de leur promotion à l’ENA ou les grandes universités arabes d’Egypte ou du Maghreb, n’est plus à démontrer. Pourtant, lorsqu’il s’agit d’accéder aux postes les plus influents de l’État, leur présence devient soudainement marginale. Ce mensonge de l’égalité des chances est exacerbé depuis 2019. Après un septennat de gouvernance, ce problème n’est pas linguistique mais politique comme en témoigne la polémique que continue de susciter la circulaire du ministre de la Culture sur les correspondances administratives en arabe. L’arabisation a longtemps été présentée comme une politique d’unification nationale. Mais pour beaucoup de cadres négro-africains arabisants ou francophones, elle s’est transformée en marché de dupes. Au-delà, l’absence de statistiques officielles démographiques des composantes nationales est révélatrice de l’opacité des négro-africains arabisés, diplômés mais toujours écartés des centres de décision.
La persistance d’un État de droit depuis 1960, est en elle-même un aveu d’échec. La vraie question est de savoir si certains plafonds de verre continuent d’exister au sommet de l’État. Ce scandale silencieux des cadres négro-africains arabisants est une contradiction qui relance le débat sur la représentativité, l’égalité des chances et le partage du pouvoir dans l’État mauritanien.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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