L’Equipe – « Il était au mauvais endroit au mauvais moment. C’est très dur pour nous tous. » Par ces mots sobres, l’encadrement d’un club qu’il a bien connu exprime sa stupeur. La Atch Academy, l’un des plus hauts fiefs de la discipline en France, est en deuil. Le boss, Stéphane « Atch » Chaufourier, est lui aussi marqué : « C’était vraiment un très bon mec. » Les réactions du MMA français montrent que cette disparition traverse l’échelle d’une simple salle.
Lors d’un vendredi banal, en pleine rue dans les Yvelines, entre Trappes et La Verrière, la vie de Pengo Bossio Wangi s’est brutalement arrêtée. Tué par un homme soupçonné d’avoir voulu s’en prendre à des personnes issues de l’immigration. À 26 ans, l’homme originaire de Poissy (Yvelines) n’était pas destiné aux lumières du monde professionnel. Son bilan en amateur (3 victoires pour 4 défaites) raconte le parcours d’un combattant normal, loin des grandes organisations, mais qui monte dans la cage par amour de la discipline. Chez les amateurs, aussi, il faut braver la peur de l’affrontement.
Travailleur et à l’aise au sol
Difficile, dans ce contexte, de trouver des images de ses combats. Il officiait dans des catégories de poids intermédiaires, entre mi-moyens (-77 kg) et moyens (-84 kg). Une archive le montre dans la cage d’une organisation amateure française, le GFight. C’était en décembre 2024, dans un gymnase de Corbeil-Essonnes (Essonne). On y voit un combattant travailleur, plutôt à l’aise au sol pour neutraliser son adversaire. On y voit surtout un sourire, large, quand l’arbitre lève sa main pour lui annoncer sa victoire par décision unanime.
« C’était un bon gars, un vrai rival » Agathon Ebessa, qui a combattu Pengo Bossio Wangi à deux reprises
Ces archives sont en phase avec ce que la Atch Academy dit de lui dans une publication hommage. « Présent, respectueux, toujours prêt à pousser les autres vers le haut. » Dans ses sept combats amateurs, Pengo Bossio Wangi a croisé le fer à deux reprises avec Agathon Ebessa. C’était en mai et juin 2024. Ce dernier l’a battu à chaque fois, par TKO d’abord, puis par soumission. Ebessa ne tarit pas d’éloges sur son ancien adversaire. « C’était un bon gars, un vrai rival. Nous étions dans la même salle au départ. Il me parlait de sa famille, de ses projets de vie. Après ma victoire, il m’avait dit respectueusement que la prochaine fois qu’on se croiserait, il ne me laisserait aucune chance. Qu’il repose en paix. »
Le MMA donne un cadre et des valeurs de respect. Comme ses homologues de la boxe, du judo, et d’autres sports de combat, Pengo Bossio Wangi a pu en témoigner, avant d’être abattu pour sa couleur de peau.
Clément Finot (avec A. Ro.)
Source : L’Equipe
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