
Depuis des décennies, le désert gagne du terrain à Bénichab, située dans la wilaya de l’Inchiri, dans l’ouest de la Mauritanie. L’Etat promet enfin de planter des arbres à travers un programme intégré.
Cette réponse ambitieuse du gouvernement à l’un des plus grands défis environnementaux repose sur la fixation des dunes, la restauration du couvert végétal, la protection des ressources naturelles et enfin l’amélioration du cadre de vie. Mais les Mauritaniens ont déjà entendu ce discours à plusieurs reprises dans d’autres projets comme la ceinture verte pour protéger Nouakchott de l’avancée des dunes et lancée dans les années 2000 dont le succès partiel est toujours fragile faute de suivi et de moyens matériels et humains. Et la grande muraille verte dont les ambitions sont revues à la baisse.
La bataille de Bénichab contre le désert est l’arbre qui cache la crise du développement local. Sa principale faiblesse réside dans le risque de réduire les difficultés de Bénichab à une simple question environnementale. Le paradoxe réside dans la dépendance du projet à une ressource déjà rare, l’eau. En effet, faire survivre des plantations dans une zone aride exige de l’eau, des moyens techniques, de la surveillance, des financements continus et surtout une implication directe des populations locales. L’annonce d’un puits destiné à l’irrigation constitue une réponse partielle. Au-delà de la commune, c’est toute la Mauritanie qui est concernée. À l’État de démontrer que cette fois-ci, sa réponse avancera plus vite que les sables.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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