
En apprenant la triste nouvelle du rappel à Dieu de Tonton Cheikh Hamidou Kane, ce dimanche 4 octobre 2026, une profonde douleur m’a envahi. Aussitôt, l’image de notre dernier entretien chez lui à Dakar, en janvier 2025, m’est revenue à l’esprit. Je revois son visage, j’entends encore sa voix, je revois encore son sourire sans avoir su que cette rencontre serait la dernière.
Depuis cette annonce, les souvenirs affluent avec une douloureuse netteté, comme si chacun d’eux venait mesurer l’étendue de l’absence. Il y a désormais ce silence irréparable laissé par une voix familière, le manque d’une présence rassurante et la blessure de savoir que jamais plus je ne pourrai prolonger notre dernière conversation, recueillir un conseil ou retrouver la chaleur de son sourire. Les mots me manquent devant ce vide soudain. À la peine de perdre un immense écrivain se mêle une douleur plus intime, plus profonde : celle de perdre un aîné cher, le patriarche de la famille Alpha Ciré élargie, un repère dont la parole, la bienveillance et l’affection accompagnaient les miens.
Lors des prochaines réunions familiales, son fauteuil restera vide, sa voix ne s’élèvera plus pour rappeler un souvenir, prodiguer un conseil. Autour de lui se rassemblaient les générations ; désormais, chaque rencontre de la FACE, chaque cérémonie et chaque évocation des anciens portera la marque douloureuse de son absence. Son départ emporte une part de notre histoire familiale et laisse dans nos cœurs une tristesse que le temps pourra apaiser, sans jamais l’effacer. Pour un journaliste qui lui est apparenté, lui rendre hommage, c’est d’abord saluer un homme qui a su faire dialoguer les mondes sans jamais renoncer à ses racines. À travers le destin de Samba Diallo, il a exposé les interrogations de générations entières confrontées aux tensions entre héritage culturel et influences extérieures. Son œuvre demeure une invitation permanente à la lucidité, à la connaissance de soi et à la quête du sens.
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Cheikh Hamidou Kane fut également un véritable gardien du temple. Gardien de la mémoire collective, des valeurs de transmission et de la dignité intellectuelle africaine. Dans un siècle marqué par les mutations rapides, il a rappelé l’importance de préserver l’âme des peuples tout en s’ouvrant au monde. Son regard, à la fois critique et humaniste, continue d’éclairer les débats contemporains sur l’éducation, la culture et le devenir des sociétés africaines.
Aujourd’hui, sa disparition laisse un vide immense, mais son héritage demeure vivant dans ses écrits, dans les esprits qu’il a façonnés et dans les générations qu’il continuera d’inspirer. Les grands écrivains ne disparaissent jamais vraiment : ils vivent dans les idées qu’ils ont semées et dans les consciences qu’ils ont éveillées. A notre tour désormais de transmettre ce que vous nous avez légué. Reposez en paix. Que la terre vous soit légère et qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, vous accueille en Son Paradis éternel. Amine
Je ne saurais terminer cet hommage sans présenter mes condoléances à ma Tante Mimi et famille Bovis, à tous ces fils et filles Ambi, Hawa, Baboye et frères et sœurs et toute la FACE.
Cherif Kane
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