
Nouakchott est sortie des sables en 1960 pour devenir la capitale d’un pays de plus d’un million de kilomètres carrés. Mais au fil des décennies, elle cesse d’être un simple siège institutionnel pour devenir le principal réceptacle des investissements publics.
En 2025, Nouakchott compte plus d’un million d’habitants résultant des sécheresses qui frappent le Sahel à partir de 1968, avec des épisodes particulièrement dévastateurs en 1972-1973 et 1982-1984.Après six décennies d’indépendance, la persistance des déséquilibres territoriaux renvoie également à des choix de gouvernance de Mokhtar Ould Daddah à Mohamed Ould El-Ghazouani. Dans les faits, une grande partie du développement politique, économique et administratif demeure concentrée entre Nouakchott et, dans une moindre mesure, Nouadhibou. Les promesses répétées d’équilibre territorial depuis 2019, de désenclavement et de décentralisation se heurtent à une réalité persistante : celle d’un pays profondément centralisé, où de larges portions du territoire restent marginalisées. Depuis 66 ans, Nouakchott concentre les soins spécialisés, les hôpitaux, les grandes écoles et grandes administrations, les opportunités économiques. Pendant ce temps, de nombreuses villes de l’intérieur peinent encore à jouer pleinement leur rôle de pôles régionaux. La décentralisation existe davantage dans les discours que dans la réalité administrative. Ould Ghazouani n’a pas changé la donne. C’est la question de l’aménagement du territoire qui est pointée du doigt par les observateurs. Elle n’est pas uniquement une affaire de routes, de bâtiments administratifs ou de plans d’urbanisme. Elle touche directement à la citoyenneté et à l’égalité des chances.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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