
L’abandon de Nouakchott par l’Etat a atteint son paroxysme avec la crise électrique qui n’a pas fini toutes ses révélations. Derrière ces incendies de deux centrales, se cache une gouvernance municipale incapable de penser la ville comme un espace collectif.
Ce que l’on appelle pudiquement “problème de propreté” de Nouakchott, est en réalité le symptôme visible d’un État qui a abandonné sa capitale à l’improvisation. La ville s’étend depuis sa création sans plan et sans vision pour un pays doté de richesses naturelles. Nouakchott est devenue en 66 ans des dépotoirs spontanés à ciel ouvert à chaque coin de rue et des décharges sauvages dans les quartiers populaires. Nouakchott n’a jamais été pensée comme une capitale. Elle a toujours été gérée comme un campement devenu ville par accident de l’histoire. Les mairies n’ont ni moyens, ni autonomie, ni stratégie. L’autre maladie congénitale des pouvoirs successifs depuis 1960, Nouakchott est une ville sans identité visuelle, sans cohérence architecturale, sans espaces publics dignes de ce nom. Les quartiers périphériques sont traités comme des marges, pas comme des espaces citoyens.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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