
La Haute Autorité de la presse et de l’audiovisuel (HAPA) vient de publier son rapport annuel 2025.
Un document volumineux dans lequel le régulateur dresse un diagnostic particulièrement sévère du paysage médiatique mauritanien déséquilibre politique dans les médias publics, faiblesse des entreprises privées, marginalisation de l’opposition, insuffisance des langues nationales et fragilité économique du secteur. Mais en parcourant attentivement ce rapport, une autre difficulté apparaît la HAPA semble avoir elle-même un sérieux problème de calculatrice.
Six bénéficiaires disparaissent dans les comptes. Sur le Fonds public de soutien aux médias privés, doté de 40 millions MRU. À la page 58, la HAPA affirme avoir enregistré 324 dossiers.
250 sites électroniques
33 journaux imprimés
31 organismes ou groupements de presse
10 entreprises audiovisuelles.
Le total est exact : 250 + 33 + 31 + 10 = 324.
À la page suivante, le rapport précise que 34 dossiers ne remplissaient pas les conditions requises. Une simple soustraction suffit donc.
324 dossiers – 34 dossiers rejetés = 290 bénéficiaires éligibles.
Pourtant, la HAPA écrit noir sur blanc que le nombre d’entreprises et d’organismes éligibles s’est établi à 296 institutions. Mais le plus étonnant est que la ventilation présentée juste après confirme elle-même le chiffre de 290.
220 entreprises de presse électronique
31 entreprises de presse écrite
10 entreprises audiovisuelles
29 organismes ou groupements de presse.
Nouveau calcul
220 + 31 + 10 + 29 = 290.
Le rapport annonce donc 296 bénéficiaires, alors que la soustraction et l’addition conduisent toutes les deux au même résultat : 290.
Six bénéficiaires se sont ainsi mystérieusement glissés dans le total général. À moins que la calculatrice de la HAPA ne bénéficie elle aussi du Fonds d’appui, une explication publique paraît nécessaire.
La question est d’autant plus sérieuse qu’il ne s’agit pas d’un simple tableau décoratif, mais de la répartition de 40 millions MRU d’argent public.
La HAPA doit donc préciser clairement : les fonds ont-ils été répartis entre 290 ou 296 bénéficiaires ? Qui sont les six bénéficiaires supplémentaires ? S’agit-il d’une simple coquille ou cette erreur a-t-elle affecté la répartition financière ?
Souleymane Hountou Djigo
Journaliste, blogueur

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