Les politiques, l’argent, la manipulation et l’intoxication sont une vieille histoire. Certaines figures de la droite française, comme Chirac, Juppé, Sarkozy et Fillon, sans oublier Jérôme Cahuzac, entre autres personnalités, ont longtemps démenti des informations qui se sont finalement avérées exactes et qui ont donné lieu à des décisions judiciaires. Des juges puissants ont même été confrontés à des menaces et à des tentatives d’intimidation venant parfois des plus hauts sommets. Par conséquent, lorsque Sonko et Diomaye se livrent à un jeu de ping-pong autour des fonds politiques, qui ont été, à un moment donné, qualifiés de « haram » avant de redevenir « halal », il faut prendre de la hauteur pour analyser les angles morts de ce jeu politique.
Edwy Plenel et son équipe pourraient peut-être contribuer à apporter de la lumière au peuple sénégalais, afin de l’aider à sortir des ténèbres de la manipulation et à regarder, au-delà du duel apparent du duo, les véritables enjeux qui se jouent derrière cette affaire.
Lorsque nous analysions les stratégies de manipulation et d’intoxication attribuées à Sonko et à Diomaye, l’attention publique restait encore largement captée par la charge émotionnelle des discours, au détriment d’un examen méthodique des faits.
La différence entre la démarche rigoureuse d’un analyste des systèmes d’information et les mouvements d’opinion impulsifs réside d’abord dans la méthodologie et la capacité à penser hors des sentiers battus (thinking outside the box). Appliquée à la politique, l’approche du « design thinking » permet de déconstruire les récits de communication pour les confronter aux besoins réels des citoyens et à la réalité du terrain. Il n’y a pas de honte à reconnaître que vous vous êtes lourdement trompés sur ce couple d’incompétents et d’immatures. Chaque sortie médiatique est truffée d’erreurs de communication et de contradictions.
La situation politique actuelle semble confirmer nos observations sur le couple Sonko-Diomaye : chaque jour met en lumière des écarts significatifs entre les slogans, les promesses, les déclarations et les actions concrètes. Seule une posture partisane ou complaisante peut chercher à présenter Sonko comme un « génie politique » absolu, voire comme le « Mahdi » de la révolution sénégalaise. Par ailleurs, un autre angle mérite d’être interrogé, c’est a dire l’illusion selon laquelle une éventuelle séparation du duo permettrait au président Diomaye de redresser la barre après deux ans d’exercice, puis de remonter la pente sur les trois années restantes.
Si, hier, les partisans de Macky Sall étaient qualifiés d’incohérents en raison de leurs prises de position, la même exigence d’impartialité doit s’appliquer aujourd’hui. Soutenir une ligne politique en fermant les yeux sur ses contradictions répétées relève de la même incohérence. Comme le rappelle l’adage : « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ». Cependant, la responsabilité éthique d’un Mukallaf au sens d’un citoyen pleinement conscient de ses obligations morales et légales impose d’éviter ce type de raccourcis afin de ne pas réduire le débat public à des invectives stériles.
L’honnêteté, le courage et la rigueur consistent à reconnaître qu’une erreur d’appréciation a pu être commise sur certains acteurs politiques du Pastef. Assumer sa condition de Mukallaf, c’est précisément analyser les faits avec sérénité, sans céder aux dynamiques d’entraînement collectif ni aux pressions passionnelles.
Face aux mécanismes de manipulation et de victimisation, la patience, la lucidité et la rigueur méthodologique doivent rester prioritaires. Il convient de prendre la hauteur nécessaire pour exprimer publiquement ce que l’on estime être la vérité, sans haine, sans passion et sans esprit de vengeance.
@Yoo Alla Faabo !!!
Abdoul Bocar GUISSÉ (Informaticien)
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