
SenePlus – Selon une enquête relayée par la chaîne AJ+ français, l’origine du calendrier scolaire ivoirien remonte à un document signé en 1912 par William Ponty, gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF), fédération regroupant huit territoires sous administration française, dont la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali ou encore le Dahomey (actuel Bénin).
Kouadio Arnaud Ahigro, doctorant en histoire et créateur de la chaîne Côte d’Histoire, a retrouvé ce texte, publié dans le « Bulletin de l’enseignement » de janvier 1913. Le document précisait, selon l’historien, qu’il fallait faire coïncider les vacances « avec l’époque des cultures », une formulation qui, loin de viser le bien-être des élèves, répondait aux impératifs des cultures d’exportation coloniales : café, cacao et coton.
Les enfants des zones rurales étaient alors mobilisés, pendant leurs congés, pour la cueillette du cacao, sans rémunération. La Côte d’Ivoire, qui assurait déjà une part majeure de la production mondiale de ce produit, en reste aujourd’hui le premier fournisseur, avec environ 40 % de l’offre globale.
Un héritage jamais réévalué depuis les indépendances
Plus de soixante ans après l’indépendance, proclamée le 7 août 1960, le calendrier scolaire ivoirien — comme celui du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso ou du Niger — reste calé sur juillet-août, en pleine saison des pluies, quand la majorité des autres régions du monde ajustent leurs vacances à leur propre climat ou à leurs repères culturels : Nouvel An lunaire en Asie de l’Est, été austral en décembre-janvier au Brésil ou en Australie, calendrier hégirien dans les pays arabes. Un alignement qui, selon Ahigro, se vérifie aussi dans l’Afrique anglophone, où le calendrier britannique reste la référence au Ghana ou au Nigeria.
Face aux objections courantes — inondations, besoin de bras dans les champs — l’historien rappelle que le travail des enfants est désormais interdit, notamment à travers des actions comme celles de la fondation Children of Africa, portée par Dominique Ouattara. Il pointe plutôt un défi resté sans réponse depuis des décennies : l’absence de mécanisation de l’agriculture ivoirienne. Sa proposition : basculer les grandes vacances vers décembre-janvier-février, période de saison sèche, propice tant au bien-être des élèves qu’au tourisme.
Source : SenePlus (Sénégal)
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