Mauritanie : le tabou que la formation des inspecteurs du fondamental refuse d’affronter

La formation des inspecteurs départementaux et sectoriels concernant les leçons harmonisées qui vient de débuter à Nouakchott, s’inscrit dans le cadre de la réforme controversée du système éducatif.

En suspendant sa participation à la formation des inspecteurs du fondamental, la coalition syndicale des inspecteurs relance un système conçu pour empêcher l’émergence de contre‑pouvoirs pédagogiques. Dans un pays où l’école publique s’effondre, où les inégalités scolaires explosent depuis la réforme du système éducatif de 2021, l’Etat veut des inspecteurs silencieux, administratifs et loyaux. Ce que refusent les syndicats, très remontés de la sourde oreille du ministère de l’Education de l’éducation nationale et de la réforme. Ce silence n’est pas neutre. Il protège un modèle scolaire qui exclut, humilie, désoriente des milliers d’enfants aujourd’hui confrontés à des classes surpeuplées avec des enseignants mal formés et orientés politiquement. Cette crise éducative est d’abord linguistique. Mais la formation des inspecteurs fait comme si les langues nationales (pulaar, soninké et ouolof) n’existaient pas, le bilinguisme n’était pas un enjeu. C’est le tabou que cette formation refuse d’affronter.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 01 juin 2026)

 

 

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