Le refoulement d’une délégation américaine des droits de l’homme contre l’esclavage, cette semaine à Nouakchott, est considéré par les observateurs comme une instrumentalisation d’une souveraineté défensive.
Ce geste des autorités de Nouakchott qui intervient dans un contexte de montée des contestations harratines, traduit une inquiétude profonde du régime. Les observateurs pointent un acte révélateur d’une souveraineté instrumentalisée. En effet, la délégation américaine des droits de l’homme contre l’esclavage était venue s’enquérir de la famille de Boubacar Ould Messaoud, éminent défenseur des droits humains et ancien président de l’organisation SOS Esclaves, décédé le mois dernier, avant d’être considérée persona no grata. Ce refoulement à l’aéroport de Nouakchott devient ainsi un prétexte, un écran pour protéger l’impunité. C’est une stratégie courante du pouvoir d’intimidation indirecte qui ne date pas d’aujourd’hui. Cet aveu de faiblesse du pouvoir est un geste qui s’inscrit dans une séquence répressive plus large notamment dans l’interdiction de marches Haratines et de la répression des femmes proches de l’IRA. Ce genre d’incident risque d’isoler la Mauritanie en entraînant la dégradation de son image internationale, des conditions plus strictes sur l’aide et les partenariats.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 14 mai 2026)
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