Les observateurs s’interrogent ce début de semaine sur la mise en place d’une première enquête parlementaire visant des dossiers liés à un régime en exercice. Cette difficulté institutionnelle suscite des polémiques sur un éventuel feu vert de Ould Ghazouani.
Dans ce débat qui revient dans un contexte où le dialogue politique piétine depuis 2024, l’ouverture d’une commission parlementaire sur la corruption apparaît comme une provocation de l’opposition dont le groupe parlementaire en avait fait la recommandation en janvier dernier. La réactualisation de ce dossier brûlant ne peut passer que si Ould Ghazouani donne son feu vert pour laisser le passage à sa majorité. Ce serait une première visant des dossiers liés à un régime en exercice. Dans le cas où le président mauritanien accepte, il pourrait instrumentaliser la commission pour afficher une volonté réformiste notamment dans le domaine de la corruption et surtout neutraliser des adversaires en exposant leurs affaires. Les observateurs ne sont pas dupes. Même lorsque la commission produit un rapport solide, celui-ci pourrait ne pas être transmis automatiquement voire enterré. Dans un système aussi corrompu, une commission parlementaire ne peut être qu’un îlot fragile dans un océan d’intérêts.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 12 mai 2026)
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