En revisitant les grands projets du pays dans le cadre d’une réunion interministérielle, le premier ministre Ould Diay entend faire preuve de bonne gouvernance. Pour les observateurs c’est un simple vœu pieux face à la modernisation de Nouakchott sur le point d’engager la deuxième version du programme et les régions.
Cette logique de modernisation qui concerne les grands projets structurants comme le gaz GTA, les mines, les infrastructures, les programmes sociaux, la digitalisation et l’ énergie,ne modifie pas les structures profondes de l’économie mauritanienne tournée plus vers les industries extractives. La principale raison de ce paradoxe c’est que ces grands projets profitent plus Nouakchott et les zones extractives, laissant les régions rurales dans un sous‑développement chronique. Les programmes sociaux (Tekavoul, Taazour) sont mis en avant, mais les analyses critiques montrent qu’ils ne compensent pas les inégalités structurelles et ne s’attaquent pas aux causes profondes de la pauvreté. Les infrastructures occupent la première place par rapport à une agriculture qui ne nourrit les 5 millions de Mauritaniens, une santé, une éducation et une justice à deux vitesses. Les grands projets fonctionnent ainsi comme un récit politique de modernisation.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 05 mai 2026)
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

