Les autorités de Nouakchott ont lancé cette semaine une vaste campagne de contrôle et d’arrestation dans la région du Tiris-Zemmour, au Nord du pays, ciblant les travailleurs ouest-africains en situation irrégulière en particulier dans la cité minière de Zouerate.
Cette opération qui s’inscrit dans un cadre d’expulsion des clandestins notamment ouest-africains apparaît clairement comme une instrumentalisation du pouvoir pour lutter contre l’immigration illégale dans les quartiers populaires comme Dimez et dans les zones aurifères périphériques. En mettant en scène ces expulsions, l’État se présente comme garant de l’ordre dans une région stratégique. La campagne permet aussi de détourner l’attention des difficultés internes : chômage, inégalités régionales, critiques sur la gouvernance. Zouerate, capitale minière du pays, cœur de la SNIM et zone hautement militarisée devient ainsi un laboratoire politique où l’Etat montre sa capacité à agir. Ce sont les migrants africains qui en font les frais. Cette politique de l’immigration met en lumière une gouvernance par la sécurité mais surtout une dépendance diplomatique vis-à-vis de l’Europe en particulier l’Espagne qui finance la gestion des migrants.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 12 mars 2026)
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