Les images qui circulent cette fin de semaine sur les réseaux sociaux montrant des milliers de jeunes Mauritaniens rassemblés et candidats à la gendarmerie nationale, suscitent des interrogations dans un contexte où le président mauritanien vient d’achever une tournée mitigée dans le Gorgol.
Cet évènement après plus de six ans de gouvernance de Ould Ghazouani est révélateur d’un malaise profond d’une jeunesse abandonnée à son sort. C’est la politique de l’emploi des jeunes qui est pointée du doigt par les observateurs. Des milliers de jeunes qui se rassemblent pour un concours militaire dans des conditions difficiles ne laissent planer aucun doute. Ce n’est pas un fait divers mais le symptôme d’un État en perte de vitesse dont le gouvernement navigue à vue depuis 2019.
Les observateurs pointent un désespoir économique qui pousse les jeunes à se tourner massivement vers les forces armées qualifiées paradoxalement de secteur le plus fermé à ces milliers de jeunes négro-africains et harratines marginalisés depuis longtemps dans un pays dominé par une seule communauté. Cette scène de jeunes rassemblés en quête d’un emploi, est un signal d’alarme à Ould Ghazouani qui vient d’achever une tournée dans une région très pauvre pourtant agricole. Quand un État ne parvient pas à organiser correctement un concours, cela interroge sur sa capacité à gérer des enjeux plus complexes. Cette absence de vision pour la jeunesse inquiète les observateurs qui pointent la nécessité d’investir plus pour l’avenir et pas seulement pour l’uniforme.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 16 février 2026)
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