Deutsche Welle – La Conférence sur la sécurité de Munich 2026 s’est clôturée ce dimanche après trois jours de débats intenses, confirmant une réalité désormais incontournable : le monde traverse une phase d’instabilité profonde.
De la guerre en Ukraine aux tensions croissantes au Moyen-Orient, en passant par les défis stratégiques posés par la Chine, les discussions ont montré une Europe en quête de repères et une Allemagne décidée à jouer un rôle plus central.
L’Ukraine et le Moyen-Orient au cœur des débats
Durant cette édition MSC 2026, les participants ont surtout débattu du soutien militaire à l’Ukraine et de la crainte d’un essoufflement politique, en particulier du côté des États-Unis. Les appels à maintenir l’aide à Kiev ont rythmé les échanges, dans un contexte où la guerre d’invasion russe reste l’un des principaux facteurs d’instabilité.
Autre sujet omniprésent : le Proche-Orient. Les intervenants ont répété la nécessité d’éviter un « embrasement régional », alors que les tensions ne cessent de monter.

L’avenir stratégique de l’Europe : défense, cybersécurité et réarmement
Au‑delà des crises immédiates, Munich 2026 a été l’occasion d’aborder les enjeux de long terme pour le continent européen, tels que le réarmement massif, la politique de défense commune, la cybersécurité, la lutte contre les ingérences étrangères et vigilance face à la montée des régimes autoritaires.
La Chine, son influence économique et ses ambitions militaires ont alimenté de nombreux panels, tout comme la question de la résilience démocratique en Europe.
L’Allemagne veut une posture internationale plus affirmée
Le chancelier Friedrich Merz a profité de la conférence pour afficher une Allemagne plus déterminée à compter sur la scène internationale.
« Nous avons compris qu’à l’ère des superpuissances, notre liberté n’est plus simplement acquise : elle est menacée. Il faudra de la force et de la volonté pour défendre cette liberté », a ainsi déclaré le chancelier allemand.
Une déclaration perçue comme un signal fort, dans une Europe où Berlin est attendu au tournant.
L’Afrique, grande absente des discussions
Malgré la présence de quelques délégations, l’Afrique a encore une fois tenu un rôle marginal dans les débats, une situation regrettée par plusieurs responsables africains.
L’ancien Premier ministre burkinabè Lassina Zerbo déplore le manque de place accordée aux pays du Sahel :
« J’aurais souhaité voir plus des personnes du Sahel impliquées à la discussion. Il faut inclure les trois pays du Sahel dans ce genre de discussions comme la conférence de sécurité de Munich. Cela permet aussi d’avoir leur point de vue. C’est très important. »
Pour Vicent Biruta, ministre rwandais de l’Intérieur, la focalisation sur d’autres régions se comprend, même si elle interroge.
« De toutes les façons ce sont des crises qui se passent ailleurs mais qui nous affectent. La guerre en Ukraine nous a affecté même si nous sommes loin. Donc c’est important aussi que nous autres Africains, nous puissions suivre ces discussions et comprendre mieux les enjeux. »
Une sécurité mondiale fragmentée et interconnectée
Pour Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Munich sur la sécurité, cette édition rappelle une certitude : la sécurité mondiale se joue désormais sur plusieurs fronts simultanément. Et aucun continent n’est réellement épargné.
La prochaine édition devra selon lui répondre à une question essentielle : la façon d’inclure davantage les régions souvent oubliées, mais directement touchées par les crises mondiales.
Source : Deutsche Welle (Allemagne)
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