La Republique du Centre – Au rez-de-chaussée d’un appartement du quartier des Montoires, un couple regarde avec attention le Français Loan Bozzolo s’élancer pour son « run » de qualification aux Jeux Olympiques d’hiver. Pourtant, il y a cinquante ans, il n’aurait pas imaginé se retrouver à cet endroit à encourager les Bleus.
L’histoire d’Oumar (73 ans) et Matourou (68 ans) M’Baye a commencé à 3.500 km de là, en Mauritanie, en 1975. Ce sont leurs parents qui les font se rencontrer et moins d’un an après, les deux tourtereaux se marient. Issus de familles de classe moyenne, ils mènent alors une existence paisible et classique rythmée par le travail et l’éducation de leurs six enfants, tous des garçons.
Six ans loin de sa famille
Mais en 1989, la guerre éclate entre la Mauritanie et le Sénégal et leur vie bascule. « 500 militaires ont été exécutés et 60.000 personnes ont été chassées du pays. Je faisais partie de ces personnes-là », se remémore Oumar M’Baye. « Je suis arrivé au Sénégal, je n’avais pas de ressources, rien du tout. Donc je suis parti en voiture. » Il s’arrête d’abord en Afrique centrale avant de rejoindre la France en passant par l’Italie. Il s’installe alors à Paris « mais pas longtemps, je suis arrivé le 30 juillet 1992 et suis parti pour Gien le 24 septembre 1992. C’est France terre d’asile qui m’a envoyé à Gien. » La même année, il obtient l’asile.
Salomé Bonnaud
Source : La Republique du Centre (France)
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