Presse/Afrique de l’Ouest : justice, économie, santé et politique

 Agence de Presse Africaine  – De Dakar à Accra, en passant par Bamako, Ouagadougou, Niamey, Conakry et Abidjan, l’actualité ouest-africaine de ce vendredi 6 février est dominée par des interrogations sur le fonctionnement des institutions, la liberté de la presse, la régulation des marchés, les défis sanitaires et les crispations politiques à l’approche d’échéances électorales.

Au Sénégal, la situation de l’ancien Garde des Sceaux Ousmane Diagne continue d’alimenter le débat institutionnel. Selon Seneweb, qui cite Les Échos, l’ex-ministre, remplacé en septembre dernier par Yassine Fall lors du remaniement gouvernemental, n’a toujours pas réintégré la Cour suprême, alors que les usages veulent qu’un magistrat retrouve automatiquement son poste après un passage au gouvernement. En cause, un vide juridique : l’acte ayant permis son affectation au Parquet général serait devenu caduc, nécessitant une nouvelle nomination relevant du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Or, souligne le journal, cette instance ne s’est plus réunie depuis le 26 juin, en dépit de l’obligation statutaire de tenir au moins deux sessions annuelles. Le quotidien s’interroge sur les raisons de ce blocage et évoque, sans l’affirmer, l’hypothèse de répercussions liées au refus de M. Diagne de soutenir une demande de révision de procès lorsqu’il était ministre. Le temps presse, avertit Les Échos, car un départ imminent à la retraite pourrait lui faire perdre les années supplémentaires accordées aux magistrats de ce rang.

Au Mali, la relation entre justice et presse demeure tendue dans un contexte de transition politique. Maliweb rapporte qu’une nouvelle journée d’échanges s’est tenue le jeudi 5 février à Bamako entre le pôle national de lutte contre la cybercriminalité et les organisations professionnelles des médias, à l’initiative de la Haute autorité de la communication (HAC). Lors de cette rencontre, le président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté, a dénoncé un « recul préoccupant » de la liberté de la presse, évoquant l’interpellation matinale d’un journaliste à son domicile pour un article, une pratique jugée contraire à la loi. Tout en rejetant l’option du boycott, les professionnels ont plaidé pour une application rigoureuse des textes encadrant le métier. La question sensible de la carte de presse, provisoirement délivrée par la HAC en attendant de nouveaux textes, a également suscité des inquiétudes, les journalistes redoutant une confusion persistante entre régulation et répression.

Au Burkina Faso, Sidwaya met en lumière les efforts des autorités pour réguler les prix des produits de grande consommation. La société publique « Faso Yaar » a signé, le 5 février à Ouagadougou, deux conventions avec la Nouvelle société sucrière de la Comoé (SN-SOSUCO) et la Société nouvelle huilerie et savonnerie (SN-Citec). Ces accords visent à assurer l’approvisionnement et la distribution de produits essentiels comme le sucre, l’huile et le savon à des prix jugés accessibles, notamment à l’approche du mois de jeûne musulman et du carême chrétien. Le ministère du Commerce insiste sur le caractère non concurrentiel de l’initiative, présentée comme un outil de régulation du marché plutôt que de substitution aux commerçants privés.

Au Niger, l’Agence Nigérienne de Presse (ANP) signale un appui logistique au secteur éducatif dans la région de Dosso, où 188 motos ont été remises aux conseillers pédagogiques grâce à un financement étatique. Cette dotation, destinée à améliorer l’encadrement dans les établissements scolaires, s’inscrit dans la politique des autorités de transition visant à renforcer la qualité de l’éducation, qualifiée de priorité nationale par le président Abdourahamane Tiani.

En Guinée, la santé publique s’impose comme une préoccupation majeure. Africaguinee.com publie une longue interview du Pr Mohamed Lamine Kaba, directeur du Centre national d’hémodialyse du CHU de Donka, qui alerte sur la progression silencieuse des maladies rénales. Selon les données évoquées, entre 600 et 1 000 personnes ont été diagnostiquées avec une insuffisance rénale en 2024, dont près de 486 ont nécessité une hémodialyse. Le spécialiste met en garde contre les facteurs de risque tels que l’hypertension, le diabète, l’automédication, la consommation excessive de sel et de sucre, appelant à un dépistage régulier pour éviter des complications souvent fatales.

En Côte d’Ivoire, le climat politique reste marqué par les séquelles de la présidentielle d’octobre 2025. Abidjan.net rapporte que lors d’une cérémonie d’échanges de vœux du PPA-CI, le 5 février à Abidjan, Laurent Gbagbo a réaffirmé l’opposition de son parti à un quatrième mandat du président Alassane Ouattara. L’ancien chef de l’État a également exigé la libération de près de 1 600 prisonniers dits d’opinion, tout en appelant ses militants à la discipline et au respect des règles internes. Le premier congrès ordinaire du PPA-CI est annoncé pour le 15 mai 2026.

Enfin, au Ghana, Pulse Ghana revient sur la controverse entourant Kofi Ofosu Nkansah, ancien directeur général du Programme national pour l’entrepreneuriat et l’innovation (NEIP). Ses avocats réfutent toute arrestation par le Bureau national d’enquête (NIB), affirmant qu’il s’est présenté volontairement pour coopérer dans une enquête sur de présumées ventes de bourses d’études à l’étranger financées par l’État. L’affaire, qui a suscité un vif débat public après des déclarations radiophoniques de l’intéressé, fait désormais l’objet d’une enquête ordonnée par le président John Dramani Mahama, selon la même source.

Source : Agence de Presse Africaine (APA)

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