Mauritanie : les enseignants des langues nationales à l’épreuve de la réforme

Depuis la rentrée 2025-2026 ,plusieurs enseignants des langues nationales ( pulaar, soninke et ouolof) se retrouvent trois mois sans salaire. Cette situation inquiète ces enseignants qui ont passé brillamment le concours après une formation professionnelle de quatre mois,

Ce sentiment de marginalisation dans un système éducatif qui privilégie l’arabe, est partagé par les observateurs qui pointent un malaise professionnel et social.  Ce  que cette réforme controversée oublie c’est que l’enseignant est un acteur, pas exécutant.   Ces enseignants tout nouveaux constituent la colonne vertébrale de cette nouvelle réforme. Mais aujourd’hui ils sont à l’épreuve d’un système  qui exige beaucoup sans offrir les conditions nécessaires. Trois mois sans salaire depuis la rentrée, ces enseignants dès langues nationales vivent dans la précarité.

Ce retard des salaires n’est pas nouveau dans un ministère où les fonctionnaires sont zélés presque toujours en congés. Cette situation est inadmissible et relance les contradictions internes de la réforme dont le système reste structuré autour d’un monolinguisme arabe et d’un français scientifique complètement arabisé, laissant peu d’espaces aux langues nationales ( pulaar, soninke et ouolof).  Le gouvernement veut enseigner les LN mais il ne construit pas les conditions pour enseigner réellement. Tant que cette contradiction n’est pas levée, les LN resteront dans un statut ambigu, affirmées dans les discours , absentes dans les pratiques. Leur non officialisation  depuis 1960 est une anomalie politique.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 06 février 2026)

 

 

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