
Thiam Tidjani, un ministre victime d’acharnement… mais probablement le plus compétent du gouvernement. Je vois souvent, trop souvent même, le ministre des Mines et de l’Industrie, Thiam Tidjani, faire l’objet d’un acharnement injustifié. Des critiques répétitives, parfois violentes, souvent superficielles, portées essentiellement par certains blogueurs arabophones qui confondent commentaire politique et règlement de comptes permanent.
Et pourtant, je le dis sans détour : à mes yeux, c’est aujourd’hui l’un des ministres les plus complets, les plus rigoureux et les plus compétents du gouvernement mauritanien.
Je précise une chose, clairement, pour couper court à toute insinuation : Wallahi, je ne le connais pas. Je ne l’ai jamais rencontré. Ce n’est ni un parent, ni un proche, ni un ami. Mais moi, j’observe.
J’observe ce qui se fait réellement dans ce pays, secteur par secteur. J’observe les textes, les décisions, les orientations, les actes concrets. Et c’est à partir de cette observation froide, factuelle et méthodique que je tire ce constat.
Un ministère stratégique longtemps mal compris
Le ministère des Mines et de l’Industrie n’est pas un ministère de discours ou d’annonces spectaculaires. C’est un ministère de fond, de régulation, de cadres juridiques, de temps long.
Quand un ministre des Mines travaille bien, ça ne se voit pas toujours immédiatement, mais ça se mesure dans les textes adoptés, dans la clarté des règles, dans la stabilité offerte aux investisseurs, dans la capacité de l’État à mieux capter la valeur de ses ressources.
Sur ce terrain-là, Thiam Tidjani a livré
Réformer sans bruit : le chantier des taxes et redevances minières L’un des actes les plus structurants de son passage au ministère reste la réforme du régime des taxes et redevances minières, avec l’abrogation du décret n°2023-049 et son remplacement par un texte actualisé. Ce type de réforme n’est pas populaire.
Elle ne produit pas de slogans.
Mais elle est centrale. Techniquement, cela signifie , une clarification de l’assiette des redevances, une meilleure lisibilité pour les opérateurs, une sécurisation des recettes pour l’État, une réduction des zones grises propices aux arrangements informels. Dans un pays où les ressources minières représentent un levier budgétaire majeur, mettre de l’ordre dans la fiscalité minière est un acte de gouvernance fort, pas un détail administratif.
Temaya : gérer l’orpaillage sans populisme
Autre dossier explosif : Temaya.
Un dossier que beaucoup commentent, mais que peu comprennent réellement. Thiam Tidjani a fait un choix difficile mais responsable celui d’ encadrer, de structurer, et progressivement réorienter la zone vers une exploitation plus organisée. La mise en place d’un comité mixte avec les orpailleurs, le recensement, le suivi, puis la transition vers une logique semi-industrielle ne sont pas des décisions contre les populations, mais contre le chaos. Car l’orpaillage anarchique, sans règles claires met des vies en danger, détruit l’environnement, échappe totalement à l’État, et nourrit les réseaux informels.
Assumer ce virage, malgré la pression sociale et médiatique, c’est faire de la politique publique, pas de la démagogie. Combler un vide juridique vieux de plusieurs décennies Là où le ministre marque un point décisif, c’est avec la loi portant organisation de l’activité industrielle, adoptée en 2025.
Peu de gens le disent, mais la Mauritanie vivait depuis des années avec un vide juridique après l’abrogation des anciens textes datant des années 1980. Résultat désordre réglementaire, insécurité juridique, absence de vision industrielle cohérente. Cette loi remet enfin de l’ordre , elle définit les règles du jeu, elle structure l’activité industrielle, elle offre un socle légal pour les contrôles, les normes, la planification et les investissements. C’est exactement ce qu’on attend d’un ministre sérieux : poser les fondations, même si l’inauguration des bâtiments viendra plus tard.
Une diplomatie minière active et intelligente
Contrairement à ce que certains veulent faire croire, le ministre n’est pas enfermé dans son bureau. Sa présence dans les grands rendez-vous internationaux du secteur minier (Mining Indaba, forums spécialisés, rencontres bilatérales) a un objectif clair celui de repositionner la Mauritanie comme une destination crédible, attirer des investisseurs sérieux, diversifier les partenariats, préparer des projets bancables. La diplomatie économique ne se mesure pas en “likes”, mais en opportunités ouvertes, en réseaux activés, en confiance restaurée.
Pourquoi tant d’acharnement ?
La question mérite d’être posée. Pourquoi un ministre qui travaille sur des dossiers complexes, techniques, structurants, est-il la cible d’attaques quasi quotidiennes, souvent portées par certains blogueurs arabophones ? La réponse est simple , il dérange des habitudes,il ferme des zones d’ambiguïté, il privilégie la règle à l’arrangement, le texte à l’improvisation, la réforme à la communication facile. Et dans un environnement où le bruit est souvent préféré au travail, le sérieux devient suspect. Thiam n’est pas un ministre parfait. Aucun ne l’est.
Mais il fait partie de ces rares profils qui comprennent leurs dossiers, maîtrisent la technique, assument des décisions impopulaires, et travaillent pour des résultats durables plutôt que pour l’applaudimètre.
Dans un pays qui confond trop souvent agitation et action, il incarne une autre manière de gouverner. Et si demain la Mauritanie parvient à mieux organiser son secteur minier et industriel, beaucoup redécouvriront trop tard que ce travail de fond avait un nom.
Souleymane Hountou Djigo
Journaliste, blogueur
Le 15 janvier 2026
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