Courrier international – Nestlé est à nouveau en crise. “Quelques mois après le licenciement de son directeur général Laurent Freixe, pour avoir caché une relation amoureuse avec une subordonnée directe”, le scandale est cette fois sanitaire, constate Le Temps. Le 5 janvier, le géant de l’agroalimentaire a annoncé “le rappel de plusieurs lots de lait infantile dans différents pays européens”.
De jour en jour, “la liste n’a cessé de s’allonger et plus de cinquante pays, dont la Suisse [et la France], sont désormais concernés”, poursuit le quotidien de Genève.
Le lait infantile concerné est infecté par une toxine, la céréulide, produite par la bactérie Bacillus cereus, qui “peut provoquer des troubles digestifs, notamment des diarrhées et vomissements”. Selon un porte-parole de Nestlé, “la contamination d’une huile arachidonique d’un de ses fournisseurs, utilisée dans la préparation de ses produits, est à l’origine” des rappels, qui ont “un caractère préventif”, aucun cas de maladie n’ayant été pour l’instant signalé.
Première alerte le 12 décembre
Plusieurs lots avaient déjà fait l’objet d’un rappel au début décembre, la bactérie ayant été détectée “lors d’un autocontrôle dans une des usines de Nestlé à Nunspeet, aux Pays-Bas”. Une première notification a été émise le 12 décembre sur le système d’alerte des produits agroalimentaires dans l’Union européenne, le Rapid Alert System for Food and Feed (RASFF).
Les critiques se font jour concernant “le laps de temps qui s’est écoulé entre ce premier signalement et les mesures actuelles”. Selon l’ONG Foodwatch, il “est inexplicable que Nestlé ait tardé à rappeler des produits destinés aux bébés et choisi de divulguer l’information au compte-goutte”.
Effet “limité” sur le chiffre d’affaires
Cette “nouvelle crise pourrait coûter cher à Nestlé”. Pas forcément en termes de chiffre d’affaires. La banque américaine Jefferies estime que “1,3 % des ventes du groupe pourraient être affectées”, soit un total de 1,3 milliard d’euros, quand la banque zurichoise Vontobel considère que “les volumes affectés représenteraient 0,5 % du chiffre d’affaires”.
Cependant, les analystes “s’inquiètent du risque d’atteinte à la réputation” et de ce “nouveau coup porté à la crédibilité” de Nestlé.
En effet, “le géant de l’agroalimentaire a connu deux changements de direction” en deux ans. En 2024, le groupe, face aux “révélations sur des filtrages illégaux de ses eaux en bouteille”, avait reconnu le recours à des “traitements interdits pour résoudre des problèmes de contamination en France”. Deux ans plus tôt avait éclaté le scandale des pizzas Buitoni contaminées à la bactérie E. coli, qui avait “causé la mort de deux enfants en France”.
Cette succession d’affaires s’est ressentie sur la valorisation en Bourse de Nestlé, dont le titre a enregistré “un recul de 40 % de la valeur” en quatre ans.
Source : Courrier international (France)
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com




