
Incontestablement le secteur des médicaments en Mauritanie est marqué par la désorganisation, les importations incontrôlées et la circulation de produits falsifiés. Sa réforme représenterait une avancée énorme pour la santé publique.
Le secteur du médicament traverse une crise profonde depuis plus d’une décennie. Les Mauritaniens font face à des pénuries massives, spéculations, dépendance totale aux importations et régulation affaiblie. Les ruptures fréquentes d’approvisionnement sont liées à la dépendance totale aux importations et à des chaînes logistiques fragiles. L’absence d’un système national de prix uniformisés fait que les prix peuvent tripler selon les zones : un médicament vendu 2 000 anciennes ouguiyas en centre-ville peut atteindre 6 000 en périphérie. C’est le marché privé qui domine et fait sa loi en imposant ses marges. La révision concertée de la loi pharmaceutique entre pharmaciens, importateurs, CAMEC, société civile, experts, est un début de solution pour corriger les dispositions jugées « controversées » et réduire les zones grises qui alimentent le chaos et la spéculation. Mais la véritable réforme passe par la production locale. Le gouvernement n’a pas tiré des leçons du Covid-19.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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