
Courrier international – Après s’être d’abord refusée à commenter les attaques rapportées au Venezuela, la Maison-Blanche a fait une annonce saisissante ce samedi 3 janvier. Sur son réseau Truth Social, le président Donald Trump a affirmé que les États-Unis avaient “mené avec succès une attaque de grande ampleur contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolás Maduro, qui a été capturé avec sa femme et exfiltré par les airs”.
Cette opération constituerait “l’aboutissement stupéfiant de la campagne menée depuis plusieurs mois par le gouvernement Trump pour chasser le dirigeant autoritaire”, commente The New York Times. Le 31 décembre encore, le président vénézuélien se disait ouvert à des discussions avec Washington.
Donald Trump avait déjà revendiqué l’explosion sur une installation portuaire survenue le 24 décembre à Maracaibo. La Maison-Blanche dit lutter contre le narcotrafic en provenance du Venezuela mais le président avait appelé ouvertement Nicolás Maduro à quitter le pouvoir. Joint au téléphone par le New York Times, Trump a vanté une “opération brillante”. Il a précisé qu’il s’exprimerait sur le sujet depuis sa résidence de Mar-a-Lago à 11h locales.
La ministre de la Justice Pam Bondi a fait savoir samedi que Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores, “narcotraficants présumés”, seraient jugés aux États-Unis, où ils ont été inculpés, a-t-elle précisé. De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio aurait indiqué au sénateur Mike Lee que le président vénézuélien avait été “arrêté […] pour répondre d’accusations pénales aux États-Unis”, selon un post du sénateur républicain sur les réseaux sociaux. Mike Lee a ajouté que Marco Rubio ne s’attendait pas à de nouvelles opérations militaires au Venezuela maintenant que Maduro est prisonnier.
Des installations militaires notamment visées
Avant la déclaration de Donald Trump, des explosions avaient été rapportées dans la capitale vénézuélienne et à d’autres endroits du pays. “Peu avant deux heures du matin [locales], le bruit d’explosions a réveillé les habitants de Caracas comme si le ciel tonnait. Le bourdonnement incessant d’avions au-dessus de la ville, des lueurs d’explosions et des colonnes de fumée se sont mis à circuler sur les réseaux sociaux”, a indiqué El País América.
“De premières informations font état de plusieurs bombardements aériens sur Fuerte Tiuna, la principale base militaire de Caracas, située au sud de la capitale vénézuélienne”, ajoutait le quotidien espagnol, rappelant l’escalade des tensions avec Washington depuis plusieurs mois.
Le gouvernement vénézuélien a réagi rapidement en décrétant l’état “de commotion extérieure” (soit l’état d’exception) et en appelant à la “mobilisation” contre la “très grave agression militaire perpétrée par […] les États-Unis”, dans un communiqué lu à la télévision publique. Après le post de Trump, la vice-présidente Delcy Rodriguez a déclaré que Caracas ignorait où se trouvait le président Maduro, exigeant une “preuve de vie” des États-Unis.
De son côté, le président colombien Gustavo Petro, qui entretient également une relation tendue avec la Maison-Blanche, a condamné dans un post sur X le bombardement de Caracas et appelé à des réunions immédiates au sein de l’ONU ainsi que de l’Organisation des États américains (OEA). À l’inverse, le président argentin Javier Milei s’est félicité des annonces de son allié Donald Trump.
Article mis à jour le 3 janvier à 15h.
Source : Courrier international (France)
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