Le mot le plus cherché en 2025 sur Google a été «performatif»

« Performatif » n'a pas été sacré mot de l'année, mais il a été le plus recherché sur Google.

Vanity Fair – Voilà le mot le plus recherché sur Google en 2025 : « performatif ». Certes, il n’a pas été sacré comme mot de l’année par le dictionnaire anglais de Cambridge, mais il tient tout de même son importance, notamment sur son influence qu’il a sur les réseaux sociaux, en particulier bâtir une image superficielle.

« Performatif », « parasocial »… mais qu’est-ce que ça signifie ?

Cette année, c’est le mot « parasocial » qui a été élu mot de l’année par le dictionnaire Cambridge. Ce terme qui désigne le lien intime qu’entretiennent les fans avec leur star préférée sur les réseaux sociaux s’applique également aux liens que les personnes créent avec l’intelligence artificielle. Il a surtout émergé depuis quelques années déjà, en particulier sur X et TikTok, où des milliers de fans prétendent être l’ami de leur célébrité favorite alors que cette dernière ne les connait pas. Ainsi, le concept se rapproche même de se mentir à soi-même tout en s’inventant une vie sur Internet. De cette façon, le terme va de pair avec un autre qui a beaucoup fait surface : celui de « performatif ».

Selon les statistiques de Google, les recherches sur celui-ci ont augmenté tout au long de l’année, atteignant un pic en septembre, puis à nouveau en novembre. Cela s’explique par la manière dont ce mot a été associé à d’autres pour créer des archétypes sur les réseaux sociaux, valorisant ce que l’on cherche à montrer contrairement à ce que l’on consomme.

Un des exemples les plus récurrents est celui du « performative male », ces hommes qui soignent leur image de manière à se rendre plus désirables aux yeux des femmes progressistes. On peut les reconnaître avec un tote bag avec un porte-clé Labubu, un matcha dans une main et un essai féministe dans l’autre, assis en terrasse. Des accessoires qui ne sont pas anodins puisqu’ils sont prisés par les jeunes femmes et décriés par les masculinistes. Si certains trouvent de l’humour dans ce phénomène, pour d’autres cela créent un vrai problème puisqu’ils suggèrent qu’ils soutiennent certaines causes pour seulement attirer de la sympathie, mais sans s’en soucier réellement.

La « lecture performative » a aussi été au cœur d’un vif débat sur TikTok. S’asseoir dans un café et lire en terrasse (sans, d’ailleurs, forcément lire le livre) afin de créer une image de prétention a été très fortement dénoncé par les « vrais » lecteurs qui rejettent ce mode de vie, décrivant l’habitude comme « pathétique » voulant à tout prix « se vanter de ses lectures de l’année avec un bilan donné par Goodreads seulement pour prouver », selon les utilisateurs.

J’Nae Phillips, celle qui tient Fashion Tingz, une newsletter sur Substack sur les tendances en ligne et hors ligne, a remarqué le gain de popularité qu’a gagné « performatif » au fil de l’année. « Ce terme est désormais utilisé pour désigner un comportement qui semble calculé, hypocrite ou optimisé pour un public, explique-t-elle. À mesure que de plus en plus d’aspects de la vie sont documentés ou postés en ligne, les gens semblent de plus en plus prompts à qualifier quelque chose de “performatif” si cela semble avoir été mis en scène plutôt qu’authentique. »

Mais qu’est-ce qui pousse réellement les individus à se montrer « performatif » sur les réseaux sociaux ? Tout simplement le fait que tout y soit constamment observé et jugé. Les films, les livres ou encore les tendances qu’autrui consomme deviennent des marqueurs de notre identité. Dans cette quête implicite de légitimité culturelle — voire de « meilleurs goûts » — certains en viennent à partager des contenus qui ne reflètent pas leurs préférences réelles, dans le seul but de construire une image idéalisée et parfois trompeuse d’eux-mêmes. J’Nae Phillips traduit cela par « l’angoisse liée à l’authenticité dans un monde hypervisible et façonné par les algorithmes ».

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