Au Sénégal, des centaines de manifestants réclament justice pour les victimes des violences politiques

Des centaines de Sénégalais ont manifesté samedi 30 août à Dakar pour réclamer justice contre les crimes commis entre 2021 et 2024, lors des épisodes de violences qui ont marqué les dernières années du mandat de Macky Sall.

Jeune Afrique  – Des centaines de personnes ont défilé sous une pluie battante samedi après-midi à Dakar, scandant « Justice pour les martyrs », sous la surveillance étroite des forces de l’ordre. Ils faisaient référence aux victimes des violences politiques commises entre mars 2021 et février 2024 pendant des manifestations à l’appel de l’opposition d’alors.

Au moins 65 personnes avaient été tuées – dont 51 par balles, en grande majorité des jeunes -, selon le bilan établi par un collectif réunissant des journalistes et des scientifiques. Nombre de jeunes avaient aussi été blessés ou détenus dans des conditions traumatisantes. Des responsables, qui sont aujourd’hui parmi les nouvelles autorités, avancent un nombre de morts plus élevé, jusqu’à plus de 80.

« La justice n’a toujours pas été rendue »

Parmi les manifestants, certains arboraient les couleurs vert-jaune-rouge du Sénégal. D’autres brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Nous refusons le silence, nous refusons l’oubli » ou encore « Réclamer justice pour que les auteurs, commanditaires et complices répondent de leurs actes devant la loi ».

Ce rassemblement, qui avait été autorisé, intervient quelques semaines après l’annonce de l’ouverture d’une enquête par le ministère de la Justice. Malgré leur promesse de faire la lumière sur ces crimes, les nouvelles autorités font face depuis quelques mois à une pression redoublée de la part des familles des victimes et de membres de leur propre camp, qui dénoncent la lenteur de la justice dans cette affaire.

« On a vécu beaucoup d’injustice dans ce pays avec un gouvernement qui a emprisonné, torturé et tué. On s’est battus. Mais jusqu’ici rien. La justice n’a toujours pas été rendue aux victimes », a déclaré Serigne Saliou, un manifestant. « Nous avons mené un combat farouche contre l’ancien régime de 2021 jusqu’en 2024. Et il y a eu des morts. Jusqu’à présent, les choses ne sont pas claires par rapport à leur situation. Qui les a tués ? », s’est interrogé de son côté Laurent Ousmane Goudiaby.

Des crimes présumés « imprescriptibles »

Le Sénégal a été entre 2021 et 2024 le théâtre de violentes manifestations politiques, durement réprimées par le pouvoir de l’ex-président Macky Sall (2012-2024) et qui ont traumatisé une partie du pays. Une loi d’amnistie couvrant ces violences avait été adoptée en mars 2024, dans les dernières semaines de la présidence de Macky Sall, afin d’apaiser les tensions politiques.

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Source : Jeune Afrique avec AFP

 

 

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