
Courrier international – Une série de mouvements citoyens de gauche appellent à manifester dans tout le pays contre ce qu’ils qualifient d' »accaparement du pouvoir » par le président républicain.
Un des principaux rassemblements se déroule au National Mall, immense esplanade entre le Capitole et l’obélisque du Washington Monument, à quelques encablures de la Maison Blanche.
Plusieurs milliers de personnes s’y étaient rassemblées en milieu de journée, brandissant des pancartes avec des messages comme « pas touche à la Sécurité sociale » ou « le fascisme est arrivé », ainsi que des drapeaux américains à l’envers – à l’origine un signal de détresse dans l’armée devenu un signe de protestation politique -, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« C’est extrêmement inquiétant de voir tout ce qui arrive à nos institutions, et l’équilibre des pouvoirs complètement bouleversé sur tous les plans, de l’environnement aux droits individuels », a déclaré à l’AFP Jane Ellen Saums, 66 ans, qui travaille dans l’immobilier à Fairfax, près de Washington.
« J’ai l’impression qu’il y a déjà eu un coup d’Etat ou une prise de pouvoir par des voyous qui n’en ont rien à faire du peuple », a dit Elissa Parker, une avocate retraitée de 78 ans, estimant que les « républicains au Congrès peuvent arrêter cela ».
Outre les importants contingents de retraités, en particulier de la fonction publique, affluaient de nombreux jeunes, y compris des parents avec leurs enfants.
« La démocratie n’est pas à vendre », pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un jeune père avec son jeune fils dans une poussette.
Plusieurs ténors démocrates, dont l’élu de la Chambre des représentants Jamie Raskin, doivent prendre la parole lors de cette manifestation.
« Bas les pattes »
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© AFP Des manifestants brandissent des pancartes sur le National Mall, à Washington, le 5 avril 2025 |
Depuis son retour à la Maison Blanche le 20 janvier, Donald Trump invoque la légitimité populaire pour justifier son interventionnisme tous azimuts, au nom d’une conception maximaliste des prérogatives de l’exécutif.
« Donald Trump et Elon Musk pensent que ce pays leur appartient. Ils prennent tout ce sur quoi ils peuvent faire main basse et mettent le monde au défi de les arrêter », peut-on lire dans un communiqué publié sur le site d’un des mouvements organisateurs de la manifestation, Indivisible.
« Samedi 5 avril, nous descendons dans la rue dans tout le pays pour résister avec un message clair: bas les pattes! », affirme-t-il.
Parmi les griefs d’une partie de la population figurent les coupes dans les aides sociales, l’éducation ou la recherche, ainsi que les licenciements de milliers de fonctionnaires.
Beaucoup d’électeurs démocrates reprochent à leur parti d’être inaudible ou impuissant face aux coups de boutoir de l’administration Trump.
« Il y a une grande déconnexion entre les démocrates qui sont au pouvoir et les jeunes », a estimé auprès de l’AFP Abbott Sherwin, un étudiant de 19 ans de Caroline du Nord (sud-est) venu manifester à Washington avec son père.
« Beaucoup, surtout parmi les plus progressistes, pensent que le parti démocrate se dégonfle, essaie d’être trop modéré et ne défend pas vraiment nos droits », a-t-il souligné.
Des manifestations similaires se déroulaient samedi à travers le monde, notamment à Berlin, Paris et Londres.
Washington (AFP)
Source : Courrier international (France)
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