
remporté face à Monaco (1-0), le 5 janvier, à Doha, au Qatar.
– C’est désormais officiel. Et c’est tout sauf une surprise. Le Paris Saint-Germain (PSG) a été sacré champion de France de football pour la treizième fois de son histoire, samedi 5 avril, après sa victoire (1-0) contre Angers, au Parc des Princes. Les joueurs de Luis Enrique se sont imposés grâce à un but de Désiré Doué (55e) et ont célébré ce deuxième titre de la saison devant leurs supporteurs, après le trophée des championsAu terme de cette 28e journée, le club de la capitale compte 74 points, loin devant son premier poursuivant, l’AS Monaco, relégué à 24 points (en attendant son match à Brest, ce samedi, à 19 heures). Une avance abyssale, qui lui permet d’être couronné six matchs avant la fin du championnat. Seul le PSG de l’époque Zlatan Ibrahimovic avait fait mieux, lors de la saison 2015-2016, en remportant le championnat dès le 13 mars, alors qu’il lui restait encore huit matchs à disputer – la Ligue 1 comptait alors vingt clubs.
Ce nouveau titre de champion de France – son quatrième d’affilée et le onzième depuis le rachat du club par le fonds souverain Qatar Sports Investments (QSI), en 2011 –, sonne comme une évidence et ressemble à un non-événement tant la domination du PSG a été totale cette saison. Les coéquipiers d’Ousmane Dembélé se sont baladés dès la première journée du championnat (victoire 1-4 au Havre), sans véritable rival capable de contester leur suprématie. Une supériorité dans tous les domaines, qui a donné l’impression que, sur la scène nationale, il y avait Paris, bien trop fort, et les autres, qui voient la deuxième place comme le Graal à atteindre, tant la première semble inaccessible.
Les Parisiens peuvent rêver d’autres titres
L’obtention du titre étant une simple formalité, déjà considérée comme acquise depuis longtemps – « on est champions depuis plusieurs semaines », disait l’entraîneur Luis Enrique, le 29 mars, en conférence de presse –, les Parisiens poursuivent des objectifs plus symboliques, comme rester invaincus toute la saison en championnat, ce qu’aucun club français n’a jamais réalisé.
D’autres records sont à leur portée, comme celui de la meilleure moyenne de points par match (2,53 pour le PSG dans la saison 2015-2016). Des défis qui sont, aux yeux du coach espagnol, la « meilleure motivation » pour garder son groupe sous pression. Surtout, les Parisiens peuvent toujours rêver d’autres titres : en Ligue des champions (LDC), où ils affronteront les Anglais d’Aston Villa en quarts de finale, les 9 et 15 avril, mais aussi en Coupe de France, où ils retrouveront Reims en finale, le 24 mai.
Comme l’a souligné l’entraîneur de l’Olympique de Marseille (OM), Roberto De Zerbi, après la défaite (3-1) de son équipe, au Parc des Princes, lors de la 26e journée, la supériorité écrasante du PSG sur la scène nationale est logique, étant donné les différences de budget avec ses poursuivants. Avec 860 millions d’euros, le club de la capitale a trois fois plus de moyens que l’OM, deuxième club le plus riche de l’Hexagone (autour de 285 millions d’euros), suivi par Lyon (265) et Monaco (240). Sachant que les autres formations de Ligue 1 sont toutes en dessous de la barre des 100 millions d’euros, avec Angers, tout en bas, autour de 25 millions d’euros. L’assise financière du PSG, qui repose sur la fortune quasi illimitée du Qatar, lui permet notamment de compter les douze plus gros salaires de la Ligue 1 dans son effectif, selon le classement établi par L’Equipe, le 26 mars.
Déjà plus fortuné que les autres, le leader reçoit de surcroît davantage de recettes que ses poursuivants de la part de la Ligue de football professionnel (LFP). Ainsi, en 2022, le PSG a touché 200 millions d’euros sur les 1,5 milliard d’euros de CVC – issus de l’accord signé entre la Ligue et le fonds d’investissement luxembourgeois, qui a acquis en échange 13 % de la société commerciale de la LFP –, contre 90 millions d’euros pour Lyon et Marseille, 80 millions d’euros pour Lille, Monaco, Nice et Rennes, et 33 millions d’euros pour chacun des autres clubs.
Le Paris Saint-Germain reçoit également la plus grande part des droits télévisés domestiques et profite à plein de la hausse des revenus versés par l’UEFA pour son bon parcours en LDC : il a déjà encaissé plus de 104 millions d’euros cette saison. Sans compter la manne attendue lors de la Coupe du monde des clubs, aux Etats-Unis, à l’été 2025 – entre 30 millions et plus de 100 millions d’euros.
« Le championnat le plus déséquilibré du monde »
Résultat : pendant que la plupart des formations de Ligue 1 sont en difficulté financière à cause de la baisse des droits télévisuels, le club de la capitale, lui, continue de s’enrichir, en profitant notamment d’« une clé de répartition » des revenus domestiques qui lui est favorable. Cette situation a d’ailleurs poussé les sénateurs Michel Savin (Les Républicains, Isère) et Laurent Lafon (Union centriste, Val-de-Marne) à demander, dans leur proposition de loi sur l’organisation du sport professionnel, qui doit être examinée au Palais du Luxembourg le 10 juin, que la Fédération française de football puisse « fixer un écart maximal de distribution des revenus » entre les clubs, « afin de limiter les inégalités » entre eux.
Si la puissance financière du PSG lui permet de briller sur les scènes nationale et européenne, la différence avec les autres clubs est dénoncée par certains présidents, en particulier celui de Lens, Joseph Oughourlian. « Le championnat français est le plus inéquitable, le plus déséquilibré du monde !, s’est-il insurgé, le 16 février, dans Le Parisien. On ne peut pas avoir un championnat où le résultat est connu d’avance dès la première journée ! »
« Le fait que le PSG “archidomine” le championnat contribue à dégrader l’attractivité de la Ligue 1, car il n’y a plus de suspense pour la victoire finale, et donc cela déprécie l’intérêt d’un championnat prévisible, estime Jean-Pascal Gayant, économiste du sport et directeur de l’IUT de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Cela contrevient au principe de la glorieuse incertitude du sport et peut expliquer pourquoi le montant des droits télévisés baisse de plus en plus en France. »
Luis Enrique a lui-même reconnu, le 31 mars, que l’écart entre son club et son dauphin « peut porter préjudice à l’image de la Ligue 1 ». Avant de juger qu’il était surtout dû aux performances réalisées par son équipe : « Il ne faut pas oublier que, si on a une telle avance, c’est parce qu’on bat des records. » De fait, le budget colossal du PSG n’enlève pas le mérite à l’Asturien et son groupe d’avoir fait preuve d’une constance impressionnante cette saison en Ligue 1, tout en étant performants en Ligue des champions. Mais, à un mois et demi de la fin du championnat, le seul suspense qui demeure concerne la course aux places européennes et celles pour la relégation en Ligue 2.
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