Algérie : l’armée annonce avoir abattu un drone près de la frontière avec le Mali

L’engin, de fabrication turque, a été détruit alors qu’il survolait les environs de Tin Zaouatine, fief des séparatistes touaregs opposés au gouvernement militaire malien.

AFPL’Algérie a déclaré, mardi, avoir détruit en plein vol un drone militaire près de la frontière avec le Mali. Il s’agit du premier incident de ce genre dans le contexte de relations de plus en plus tendues entre les deux pays. L’armée algérienne a fait savoir, dans un communiqué, que le drone armé était entré, lundi, dans l’espace aérien algérien près de Tin Zaouatine, ville frontalière et fief des séparatistes touaregs opposés au gouvernement malien. L’armée malienne a reconnu qu’un de ses drones s’était écrasé dans la zone, mais n’a pas confirmé qu’il avait été abattu par l’Algérie.

Selon Rida Lyammouri, expert du Sahel au Centre politique pour le Nouveau Sud, établi au Maroc, cet incident « confirme les graves tensions entre les deux pays et la tolérance zéro de l’Algérie [en ce qui concerne] l’utilisation de son espace aérien et de son territoire par les forces maliennes ».

L’Algérie a joué un rôle de médiateur-clé pendant plus d’une décennie de conflit entre le gouvernement malien et les rebelles touaregs. Mais les deux pays se sont éloignés depuis les coups d’Etat perpétrés par une junte militaire en 2020 et 2021, qui a placé des militaires à la tête des principales institutions du pays. Alger a dénoncé l’orientation prise par le nouveau gouvernement malien et ses efforts accrus pour réprimer la rébellion dans les régions historiquement instables du nord du Mali.

Alger s’oppose à la présence de mercenaires russes

Craignant un débordement du conflit au-delà de la frontière, les responsables algériens ont dénoncé le recours par le Mali à des mercenaires russes (ceux de Wagner, puis de l’Africa Corps) et à des drones armés près de Tin Zaouatine, ville divisée par la frontière entre les deux pays. C’est dans les environs de cette localité qu’ont eu lieu de violents combats entre l’armée malienne, aidée de ses supplétifs russes, et les groupes rebelles séparatistes, en juillet 2024. La bataille s’était soldée par la défaite des Maliens et des Russes et par de nombreuses victimes dans leurs rangs (47 soldats maliens et 84 mercenaires russes tués, selon les rebelles).

L’Algérie possède l’une des plus grandes armées d’Afrique et se considère depuis longtemps comme une puissance régionale, mais les dirigeants militaires des pays voisins, le Mali et le Niger, ont pris leurs distances en défendant l’autonomie et en recherchant de nouvelles alliances, notamment avec la Russie.

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Source : Jeune Afrique avec AFP

 

 

 

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