Internet à haut débit : Elon Musk accélère le déploiement de Starlink en Afrique

Le 360.ma  – Des pays jusqu’ici réticents au déploiement de Starlink ont fini par céder et il est fort à parier que la proximité actuelle d’Elon Must avec Donald Trump dynamisera l’implantation de cette technologie dans certains pays africains. Mais le prix des services d’internet à haut débit de Musk est un obstacle à sa démocratisation en Afrique où la connexion est souvent de mauvaise qualité.

«Internet haut débit pour tous et partout», c’est le leitmotiv d’Elon Musk, l’homme le plus riche du monde. Et pour matérialiser son ambition, il a mis en place Space exploration technologies Corp (SpaceX) et s’appuie sur une constellation de satellites de communication placés sur une orbite terrestre basse. La technologie Starlink repose sur des satellites de télécommunication placés sur une orbite basse (500 km d’altitude) et non en position géostationnaire (36.000 km). Ces satellites offrent des vitesses de communication entre la terre et l’espace (temps de latence de 20 millisecondes), cinquante fois plus importantes que celles des satellites classiques (temps de latence supérieur à 600 millisecondes).

Après avoir conquis l’Amérique, l’Europe et l’Asie, Musk s’est lancé depuis 2023 dans la conquête de l’Afrique, un immense marché encore quasi vierge où à peine 37% de la population a accès à internet souvent de qualité mauvaise.

Pour les pays africains, Starlink présente des avantages indéniables et permet l’accès à internet à haut débit dans les régions non desservies par les réseaux de télécommunication classiques, notamment dans les zones difficiles d’accès et dans le monde rural. Dans un pays comme le Tchad, seulement 12% de la population avait accès à internet en 2022.

Cette technologie permet, en assurant une couverture plus globale des pays, de stimuler les services et les économies africaines, de contribué au renforcement de la concurrence et devrait surtout pousser les opérateurs télécoms à améliorer la qualité et la couverture de leurs services tout en proposant des offres plus abordables.

Seulement, au niveau du continent, la percée de Starlink d’Elon Musk a pris du retard. Il a fallu attendre janvier 2023 pour qu’elle obtienne sa première licence, c’était au Nigeria. Toutefois, après un début compliqué à cause des défis règlementaires et à la résistance des monopoles d’Etat, l’offre Starlink d’Elon Musk se développe en Afrique. Le dernier pays à l’adopter est le Tchad, en novembre courant. Après des discussions initiées en 2021, le pays a annoncé avoir trouvé un accord avec Starlink, début novembre 2024, et a octroyé une licence au fournisseur d’accès à internet par satellite, Starlink.

Avec cet accord, Starlink est présent, avec agrément, dans au moins une quinzaine de pays africains: Zimbabwe, Nigeria, Mozambique, Malawi, Madagascar, Bénin, Soudan du Sud, Eswatini, Sierra Leone, Rwanda, Kenya, Zambie, Botswana, Tchad, Niger et Ghana.

Des réticences encore tenaces

Reste que nombre de pays africains demeurent réticents à accorder l’agrément nécessaire pour le déploiement de Starling. Plusieurs facteurs expliquent cette résistance. D’abord, il y a les hésitations de certains Etats. Les gouvernements de ces pays essaient de protéger les opérateurs télécoms traditionnels, notamment les monopoles d’Etat qui dominent le marché, créent de nombreux emplois et sont des sources de recettes fiscales importantes. Ainsi, au Kenya, la puissante entreprise de télécommunication du pays, Safaricom, a sollicité le régulateur pour exiger de Starlink de s’associe aux opérateurs de réseaux mobiles locaux.

Il y a aussi le volet sécuritaire qui se pose, notamment au niveau des pays qui luttent contre le terrorisme djihadiste. Au Sahel, le Mali et le Niger étaient réticents au déploiement de cette technologie. Le Mali avait même mis fin à la vente des terminaux Starlink sur son territoire parce qu’ils permettaient aux djihadistes de communiquer entre eux sans passer par les réseaux classiques.

Bien que Starlink ne soit pas autorisé au Mali, les kits Starlink, eux, sont utilisés par de nombreuses ONG, mais aussi par des particuliers disposant des moyens nécessaires pour s’en procurer dans toutes les régions du pays, notamment celles où l’accès à internet est difficiles (Kidal, Ménaka, Léré, Gao, Tombouctou…). Finalement, les autorités sont revenues sur cette décision. Le Niger a, lui, fini par accorder, le 30 octobre dernier, l’agrément à l’entreprise d’Elon Musk.

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Moussa Diop

Source : Le 360.ma (Maroc)

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