
Info Migrants – Des émeutes d’une violence inédite depuis plus de dix ans secouent le Royaume-Uni depuis six jours. Ce week-end, deux hôtels hébergeant des demandeurs d’asile ont été attaqués à Tamworth, près de Birmigham et Rotherham, dans le nord du pays. Ces attaques ont commencé après la mort de trois fillettes tuées dans une attaque au couteau lundi dernier à Southport.
Depuis plusieurs jours, des violences – inédites depuis une dizaines d’années – éclatent dans toute l’Angleterre et en Irlande du Nord. Des villes comme Southport, Liverpool, Belfast, Hull, Londres, Halifax… sont secouées par des émeutes qui ciblent principalement des lieux musulmans ou des structures liées à l’immigration (centres d’accueil pour migrants, notamment).
Ce déchaînement de colère mené par des groupuscules d’extrême droite a débuté juste après la terrible attaque au couteau de Southport (nord-ouest de l’Angleterre), lundi 29 juillet, au cours de laquelle trois fillettes ont perdu la vie.
Depuis, le pays est sous le choc face aux images de ces derniers jours : hôtels saccagés, mosquées assaillies, pillages de commerces d’étrangers… Et le gouvernement britannique peine à calmer les esprits. Selon les décomptes réalisés par les médias britanniques, plus de 400 personnes ont été arrêtées depuis une semaine.
« Enough is enough », scande l’extrême droite
Dernier incident en date : dimanche 4 août. Dans la soirée, un hôtel hébergeant des demandeurs d’asile a été la cible de violences, près de Birmingham dans le centre de l’Angleterre, a indiqué la police locale.
« Un important groupe d’individus (…) a jeté des projectiles, brisé des vitres, allumé des feux et ciblé la police », au niveau d’un hôtel Holiday Inn de Tamworth, a détaillé la police du Stafforshire dans un communiqué. Des médias britanniques ont affirmé que cet hôtel hébergeait des demandeurs d’asile.
« Enough is enough » (« Trop, c’est trop »), devenu le mot d’ordre des contestataires anti-immigration fait référence à l’arrivée de milliers de migrants au Royaume-Uni après une traversée de la Manche sur des canots pneumatiques.
Un peu plus tôt ce dimanche, à Rotherham, dans le nord du pays, plusieurs centaines de personnes s’étaient rassemblées devant un autre hôtel hébergeant également des demandeurs d’asile. Des affrontements avaient éclaté avec les forces de l’ordre. Des manifestants ont déclenché un feu, jeté des projectiles sur les policiers, quand d’autres ont crié des slogans comme « Mettez les dehors ».

Des manifestants brandissent des slogans anti-immigration, à Aldershot, dimanche 4 août 2024. Crédit : Reuters
Au moins dix policiers ont été blessés, mais aucun personnel ou client de l’hôtel, a indiqué la police locale. Certains participants ont brisé des vitres de l’établissement, ont déclenché un feu, jeté des projectiles sur les policiers, quand d’autres ont crié des slogans comme « Mettez les dehors ». Certains sont parvenus à entrer dans l’hôtel, sans qu’il soit clair dans l’immédiat si des demandeurs d’asile étaient à l’intérieur ce jour.
Rumeurs et fausses informations sur l’auteur de l’attaque
Ces émeutes ont donc commencé après la mort de trois fillettes tuées dans une attaque au couteau à Southport, lundi dernier, par un jeune homme de 17 ans.
De multiples rumeurs ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux concernant la religion et l’origine de l’agresseur présumé, nommé Axel Rudakubana. Lors de sa première comparution en justice, à Liverpool, le 1er août, le juge Andrew Menary KC a décidé de révéler son nom, précisant que cette mesure « exceptionnelle » avait pour but de contrer la propagation de fausses informations. Le jeune homme a été inculpé et placé en détention.
Les premiers heurts ont eu lieu à Southport, mardi soir, soit le lendemain de l’attaque. Une mosquée a notamment été prise pour cible. Puis, les violences se sont propagées dès mercredi à d’autres villes du pays, en particulier à Londres où les forces de l’ordre ont procédé à 111 arrestations.
À Middlesbrough (nord-est), des débordements ont aussi eu lieu dans le centre-ville. Une équipe de l’AFP a eu sa caméra cassée par des manifestants.
Jamie Atkinson, 34 ans, a assuré aux journalistes de l’AFP n’avoir « rien à voir avec l’extrême droite » et être là pour « les petites filles » tuées et pour demander que l’on « empêche des gens dont on ne connaît rien de venir chez nous ».

Des émeutes et affrontements avec la police ont aussi été recensés à Aldershot (sud-ouest), Bolton (nord) ou Weymouth (sud), Liverpool (nord-ouest), Hull (nord-est), Belfast (Irlande du Nord), Leeds (nord), Sunderland (nord-est).
Réunion de crise à Londres
Le Premier ministre Keir Starmer a convoqué une réunion de crise, dite « Cobra », ce lundi 5 août, avec ministres et représentants de la police dans sa résidence officielle à Londres.

Il a promis que les casseurs anti-migrants et islamophobes regretteraient leurs actes. « Je vous garantis que vous regretterez d’avoir participé à ces désordres », que ce soit directement ou indirectement, « en ayant provoqué ces actions en ligne », a affirmé le chef du gouvernement travailliste arrivé il y a tout juste un mois au pouvoir, lors d’une courte déclaration depuis Downing Street.
Source : Info Migrants (France)
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com