France – Législatives 2024 : un grand groupe pour le RN, qui reste loin de la majorité absolue

L’extrême droite est devancée par le Nouveau Front populaire, mais le RN pourrait représenter le premier groupe de l’Assemblée nationale.

Le Monde  – C’est un coup de massue pour l’extrême droite : le Rassemblement national (RN) et ses alliés, qui se croyaient en mesure d’atteindre la majorité absolue à l’Assemblée nationale, en seront très, très loin à l’issue de ces élections législatives anticipées, avec entre 132 à 152 députés. Selon les premières estimations de l’institut Ipsos Talan pour France Télévisions, Radio France, France 24/RFI, LCP-Assemblée nationale, le groupe dirigé par Marine Le Pen pourrait compter entre 120 et 136 députés. Celui d’Eric Ciotti, associé dans une coalition au RN, compterait entre 12 et 16 élus, et n’est pas sûr d’être en capacité de former un groupe – il faut pour cela 15 députés.

Ces derniers jours, Marine Le Pen et Jordan Bardella réclamaient aux électeurs de leur confier une majorité absolue avec Eric Ciotti, et se disaient en situation de trouver de nouveaux alliés pour former un gouvernement à partir de 270 députés environ. L’hémicycle que dessinent ces premières estimations ne dégage aucune majorité évidente pour gouverner, à moins que Jordan Bardella ne convainque l’intégralité des députés Les Républicains (LR), qui remportent leur pari de revenir plus nombreux que « Les Républicains à droite » d’Eric Ciotti.

L’extrême droite, dans son ensemble, pourrait être devancée par le Nouveau Front populaire, à qui l’institut Ipsos Talan attribue de 172 à 192 députés. Le RN pourrait néanmoins représenter le premier groupe de l’Assemblée nationale en raison de l’émiettement des groupes de gauche et de la majorité sortante. Il s’agit tout de même d’une forte percée pour un groupe qui comptait 88 députés dans l’hémicycle dissous par Emmanuel Macron le 9 juin. Mais d’une désillusion au regard de la dynamique qui portait Jordan Bardella et son parti dans la foulée des élections européennes, remportées avec 31,4 % des voix.

Campagne lestée par les polémiques

Cette percée, moindre qu’attendue, peut s’expliquer par les désistements républicains opérés dans l’entre-deux-tours au profit de formations de gauche, du centre macroniste ou de la droite, pour faire battre l’extrême droite. Par ailleurs, le RN a vu sa campagne législative lestée par les polémiques.

Avant le premier tour, l’interdiction faite aux binationaux d’accéder à certains emplois publics, inscrite dans le programme et dans une proposition de loi de Marine Le Pen, a pollué les derniers jours de campagne. Avant cela, le RN avait commencé à rétropédaler sur certaines des mesures les plus coûteuses de son programme, telle l’application de sa réforme des retraites, ou davantage symboliques, comme l’interdiction du port du voile dans l’espace public. Le score de l’extrême droite au premier tour des législatives (29,3 %), malgré l’effondrement du parti Reconquête ! et le ralliement d’Eric Ciotti, marquait ainsi une stagnation par rapport aux élections européennes.

La semaine d’entre-deux-tours a été encore plus douloureuse pour l’extrême droite. La mise en lumière de publications sur les réseaux sociaux ou de déclarations, passées ou actuelles, de ses candidats – racistes, négationnistes ou hostiles à l’avortement – ainsi que leurs hésitations dans les médias régionaux ont rythmé la semaine. Jordan Bardella a minimisé leur nombre, évoquant des « brebis galeuses » ou s’excusant par la soudaineté de ces élections législatives.

Si le RN n’était visiblement pas en mesure d’envoyer un nombre suffisant de députés compétents, il s’installe comme une force incontournable de la future Assemblée nationale. Mais il vient d’éprouver dans la douleur le réveil d’un front républicain qu’il croyait définitivement mort depuis les législatives de juin 2022.

 

Source : Le Monde 

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