En Afrique, booster le pouvoir économique des femmes garantit à tous un avenir prospère

Bien que leurs taux de remboursement de crédit soient supérieurs à ceux des hommes, les créatrices d’entreprise peinent toujours à accéder aux ressources financières qui leur permettraient de participer pleinement à l’essor économique du continent.

Jeune Afrique – L’esprit entrepreneurial des Subsahariennes n’est pas une chimère, loin s’en faut. En effet, le nombre de créatrices d’entreprises est plus élevé sur le contient que partout ailleurs dans le monde. Et pourtant, les infrastructures financières et numériques existantes ne leur permettent pas de participer pleinement à l’essor économique des différentes régions.

Pour aider ces femmes à déployer leur potentiel et leur talent, il est important de favoriser leur inclusion financière, notamment au moyen d’investissements. Lesquels sont seuls susceptibles de conduire à une croissance économique durable.

Affronter des obstacles socio-culturels persistants

 

Créer ou agrandir une entreprise n’est pas aisé pour les femmes, lesquelles font face à de nombreux obstacles, dont l’accès aux capitaux (prêts ou crédits). Paradoxalement, bien qu’elles justifient de taux de remboursement de prêts plus élevés que ceux des hommes, les femmes bénéficient seulement de 15 % des crédits que les institutions financières octroient aux petites et moyennes entreprises. Une situation exacerbée par le fait qu’elles ne sont pas toujours détentrices de biens fonciers, et qui a créé un déficit de financement colossal s’élevant à 42 milliards de dollars pour les créatrices d’entreprise sur le continent africain.

Environ 74 % des femmes d’Afrique subsaharienne sont employées dans le secteur informel, et seulement 33 % possèdent un compte bancaire. Même si ce secteur leur offre une flexibilité et ouvre des portes qu’un emploi officiel n’ouvrirait peut-être pas, elles sont exposées car ne elles bénéficient pas des dispositifs publics de protection sociale pour la santé, le chômage et la retraite. Cette absence de protection sociale accroît chez elles le risque de pauvreté et réduit leur résilience à des crises, comme la pandémie de Covid-19. En outre, les tâches domestiques auxquelles elles sont astreintes freinent la saisie d’opportunités économiques, créant ainsi un cercle vicieux.

La fracture numérique est aussi à blâmer. Malgré la croissance à deux chiffres du taux d’adoption de téléphones mobiles en Afrique, seulement 12 % des femmes possèdent des compétences numériques en lien avec la finance, un chiffre inférieur à la moyenne mondiale. De plus, moins de 30 % des femmes ont accès à Internet, une situation exacerbée par les conditions socio-économiques et les normes culturelles.

Au Nigeria, par exemple, 77 % des femmes en zones rurales n’ont pas accès à Internet, et parfois elles ne sont pas considérées comme utilisatrices prioritaires au sein des ménages. Forts de ces constats, différents organismes ont mis en place plusieurs programmes et initiatives visant à corriger ces manquements et mettre les femmes au centre du développement économique en Afrique.

Favoriser les moyens d’inclusion financière

 

En Mauritanie, l’Agence de promotion des investissements, le ministère de l’Économie et celui de la Transition numérique ainsi que le secteur privé œuvrent pour favoriser un meilleur accès des femmes cheffes d’entreprise au paysage économique. Par exemple, le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA) a contribué au financement d’une conserverie de sardines pour le Conseil mauritanien des femmes entrepreneures (CMFA), leur donnant les moyens de fabriquer des conserves de première qualité, de pénétrer les marchés mondiaux et de multiplier leurs revenus. De plus, l’une des principales banques du pays, la Banque populaire de Mauritanie (BPM), a joué un rôle pionnier dans le développement des banques mobiles grâce à son service Bankily. Résultat, l’utilisation de la banque mobile a explosé en Mauritanie, ce qui va considérablement stimuler l’entrepreneuriat féminin.

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Aïssata Lam

Présidente de la Jeune Chambre de commerce de Mauritanie

et Rachel Toku-Appiah

Directrice plaidoyer et communication des programmes Afrique à la Fondation Bill & Melinda Gates

 

Source : Jeune Afrique – (Le 14 avril 2024)

 

Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com

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