
Courrier international – « Le meurtre brutal de Jina Mahsa Amini », le 16 septembre 2022, trois jours après son interpellation par la police pour un voile mal ajusté, « a marqué un tournant », a déclaré à Strasbourg la présidente du Parlement, Roberta Metsola.
« Cela a déclenché un mouvement mené par des femmes qui est entré dans l’histoire. Le slogan +Femme Vie Liberté+ est devenu un cri de ralliement pour tous ceux qui défendent l’égalité, la dignité et la liberté en Iran », a-t-elle ajouté.
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© UGC/AFP/Archives Photo d’un internaute publiée sur Twitter, le 26 octobre 2022, montrant une femme non-voilée alors que des milliers de personnes se dirigent vers Saqez, la ville natale de Masha Amini |
La mort de Mahsa Amini, à l’âge de 22 ans, avait entraîné des mois de manifestations de grande ampleur contre les dirigeants politiques et religieux iraniens, dont la répression a provoqué des centaines de morts et des milliers d’arrestations.
Le soulèvement « Femme Vie Liberté » s’est poursuivi sous différentes formes et apparaît comme l’un des plus grands défis lancés aux autorités iraniennes depuis la révolution de 1979.
Mardi, l’avocat de la famille de Mahsa Amini, Saleh Nikbakht, a été condamné par la justice iranienne à un an de prison pour « propagande » contre l’Etat, après s’être entretenu avec des médias étrangers sur l’affaire.
-« Situation « désespérée »-
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© Fondation Narges Mohammadi/AFP/Archives Photo non datée de la militante iranienne emprisonnée Narges Mohammadi diffusée le 2 octobre 2023 par la Fondation Narges Mohammadi |
Le 6 octobre, une autre militante iranienne des droits humains, Narges Mohammadi, âgée de 51 ans, s’est vu décerner le prix Nobel de la paix pour son combat obstiné contre le port du voile obligatoire en Iran, et en faveur des droits humains. Elle est actuellement détenue à la prison d’Evin à Téhéran.
Selon elle, le mouvement « »Femme vie Liberté » a « accéléré le processus de démocratie, de liberté et d’égalité » dans le pays, en même temps qu’il a « affaibli les fondements d’un gouvernement religieux despotique ».
Le Parlement européen a condamné à plusieurs reprises la répression des contestations par les autorités iraniennes, et qualifié la situation des droits de l’homme dans le pays de « désespérée ».
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© AFP/Archives Photo obtenue par l’AFP en dehors d’Iran d’une manifestation pour Mahsa Amini à Téhéran le 21 septembre 2022 |
En octobre 2022, les eurodéputés avaient appelé à des sanctions à l’encontre du régime, puis réclamé en janvier 2023 l’inscription sur la liste des organisations terroristes du Corps des gardiens de la révolution.
Pour marquer l’anniversaire de la mort de Mahsa Amini, les Etats-Unis, l’UE ou encore le Royaume-Uni ont annoncé mi-septembre de nouvelle sanctions contre des responsables politiques iraniens et des membres des force de sécurité, et contre certaines entreprises du pays.
Strasbourg (AFP)
Source : Courrier international
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