Mauritanie : Ould Eyih président EL INSAF ou le courant alternatif de Ould Ghazouani

Ould Eyih, ministre de l’Education nationale et porte-parole du gouvernement vient d’ajouter un nouveau galon à sa veste en reprenant les nouvelles destinées du parti au pouvoir rebaptisé INSAF qui signifie en arabe « » EQUITE ».

Le choix du diplômé en ingénierie de Toulouse marque le premier tournant de rupture définitive avec l’UPR pure création de l’ex-président Ould Aziz et en même temps un signe de renouvellement des instances dirigeantes du parti. Le nouveau président de « INSAF » apparaît comme l’homme de la situation pour changer de cap un parti longtemps miné de l’intérieur par des anciens issus des régimes de Ould Taya à Ould Aziz.

L’UPR a failli sombrer dans des querelles entre les pro Aziz et les pro Ghazouani dès les premières heures du quinquennat à cause de l’ambition de l’ancien président pour contrôler le parti. La suite c’est la prochaine comparution de Ould Aziz devant la cour criminelle de Nouakchott pour des faits graves de corruption d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. Après 3 années de tergiversation marquée par des tiraillements au sommet Ould Ghazouani entend réécrire le parti en mode soufi sous l’appellation ANSAF confié à une personnalité vierge politiquement et peu connu dans le landernau politique.

Ce diplômé de Toulouse parachuté à l’Education nationale, un département très convoité par la minorité agissante extrémiste arabe est appelé à tenir une autre boussole pour plus d’équité et donner certainement plus de chances de réussite à tous les Mauritaniens.

Les observateurs rappellent que Ould Eyih a commencé à faire ses preuves avec une loi d’orientation très controversée qui tourne le dos aux écoliers non arabophones dans l’attente toujours de son adoption par le parlement. Cette image de réformateur contraste bien avec les principes d’équité du nouveau parti. L’enjeu pour Ould Eyih c’est de réconcilier la base au sommet pour préparer les élections législatives, municipales et régionales de 2023, antichambre des présidentielles de 2024. Quand on est si éloigné des électeurs deux ans à l’épreuve ne suffisent pas pour convaincre les Mauritaniens pour un deuxième mandat à Ould Ghazouani en 2024. Mais le seul bon héritage de l’UPR c’est que c’est une machine à gagner les élections.

En attendant le président INSAF c’est l’autre courant alternatif qui devra être assez puissant pour faire face à une société mauritanienne profondément divisée. D’un côté avec la minorité extrémiste arabo-berbère qui veut imposer une Mauritanie arabe à la majorité de négro-mauritaniens et de harratines de l’autre qui veulent une Mauritanie apaisée et réconciliée avec elle-même.

 

 

 

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 07 juillet 2022)

 

 

 

 

 

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