
Afrique.le360.ma – Toutes les Mauritaniennes issues de la communauté maure, pour des raisons culturelles et sociétales, ne s’habillent qu’en « melahfa ». Un habit traditionnel qui se modernise et gagne du terrain chez les autres composantes nationales et régionales qui s’en servent comme tenue occasionnelle.
La melahfa, ou voile, habit qu’on retrouve également dans tout l’espace saharo-sahélien, les zones de voisinage, jusqu’au Soudan, et bien au-delà des frontières du continent africain, est offert suivant un large choix de tissu en provenance de Dubaï et d’autres parties du monde (Swari, Mawhoob, gaze,…).
Une activiste féministe, une vendeuse dans l’un des marchés les plus réputés de Nouakchott et une styliste, nous plongent dans l’univers du voile, une tenue venue de la nuit des temps qui prend progressivement des aspects colorés.
Mekfoula Ahmed, activiste féministe, présente «la Melahfa comme un tissus traditionnel porté par des femmes maures, mais aussi d’autres composantes, et même jusqu’au Soudan, en Afghanistan, au Pakistan… La différence se retrouve juste dans la manière de mettre cet habit, le modèle et quelques autres petits détails».
Comme elle l’explique, «dans le passé, les femmes maures portaient cet habit avec un tissu unique de couleur noire, appelé Nila. Mais pour les évènements particuliers tels que le mariage, nos grands-mères et nos mamans, arboraient le même tissu, cette fois en double, avec la couleur blanche associée au noir du quotidien».
Toutefois, les influences et les soucis de modernité ont changé la donne. «A partir des années 1990/1995, il y a eu une évolution. Une nouvelle tendance, un processus de modernisation avec beaucoup de couleurs. Ici, la mentalité traditionnelle, ou religieuse, fait que les femmes maures n’ont d’autres choix que de porter la « melahfa », à laquelle se sont ajoutés maintenant d’autres habits comme les Abayas».
Toutefois, elle insiste sur la poussée d’une nouvelle tendance induite par des facteurs sociologiques. Aicha Mohamed Salem, vendeuse de « melahfa » dans l’un des plus grands marchés de Nouakchott, évoque le voile «comme un habillement traditionnel. Nous ne portons que la « melahfa » partout, dans les cérémonies, même hors du pays pour différentes formes de rencontres. Actuellement, cet accoutrement se modernise avec l’arrivée d’autres tissus et couleurs. Sous l’effet de la tendance de modernisation, le coût de cet habit est nettement en hausse par rapport aux années précédentes, notamment à cause du prix de la couture».
Cette vendeuse, présente sur le terrain depuis plus de 20 ans, balance des détails sur la fourchette des différents prix de vente des modèles de « melahfa », et précise les moments pendant lesquels (fêtes, cérémonies de mariage) le commerce de cet habit permet d’engranger de bonnes affaires.
Notre correspondant à Nouakchott Amadou Seck
Source : Afrique.le360.ma
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