Déclaration : Examens moitié-moitié

Au centre de correction du BEPC qui se poursuit ces jours-ci, les professeurs parlent du « correcteur moitié-moitié » dans leurs coulisses, commentant l’accueil des correcteurs par un membre du secrétariat de l’examen pour certifier la convocation de ceux qui sont arrivés le premier jour, ce qui est une nouvelle procédure dont le but, disent les professeurs, est de recenser ceux qui viennent à la correction les premières heures du premier jour afin d’exclure les retardataires pour les remplacer par le plus grand nombre de  » correcteurs moitié-moitié ». Ces derniers sont des personnes, assurent les enseignants, que des responsables proches de la supervision des examens engagent pour partager avec eux à parts égales le per diem alloué au correcteur.

Cela se confirme davantage lorsque l’on constate que les correcteurs sont affectés à travailler ensemble deux à deux pour corriger les copies, ce qui compenserait le manque de compétence du « correcteur moitié-moitié » mais entrave le correcteur exercé, ce contribue à la lenteur du processus de correction et au retard de la proclamation des résultats.

Malheureusement, telle est l’image de notre système éducatif, et les preuves sont nombreuses : n’est-ce pas hier que les résultats du baccalauréat 2020 ont été divulgués pour quelques sous, selon certaines sources médiatiques ? Les diplômés de l’ENS n’ont-ils pas souffert et souffrent encore ? Ni l’école ne leur a versé de bourses, ni le ministère ne leur a payé de salaires. Les professeurs de Néma n’ont-ils pas été attaqués chez eux à cause de leur loyauté et de leur refus de la triche ? Les salaires des enseignants ne sont-ils pas suspendus injustement et non remboursés ? Leurs avancements ne sont-ils pas gelés ? Le gouvernement n’a-t-il pas annoncé une augmentation significative des indemnités de correction d’examens, pour que les enseignants découvrent plus tard que l’augmentation significative est de 200 ouguiyas ? Le gouvernement pense-t-il peut être que l’enseignant considère 200 ouguiyas comme une augmentation significative en raison de ses mauvaises conditions. Le manuel scolaire n’a-t-il pas été réorienté vers le marché pour dessécher les modestes revenus des parents, au lieu de le fournir à des prix symboliques ? Les exemples ne manquent pas.

À la lumière de cette gestion catastrophique de notre système éducatif, nous sommes en droit de nous demander si tous les responsables des affaires publiques de notre pays travaillent moitié-moitié : superviseur moitié-moitié ? directeur moitié-moitié ? conseiller moitié-moitié ? inspecteur moitié-moitié ? ministre moitié-moitié ? président moitié-moitié ?

Au Syndicat national de l’enseignement secondaire (SNES), tout en condamnant toutes ces pratiques honteuses qui nuisent à notre pays, à son système éducatif et à ses diplômes nationaux, nous exigeons que le gouvernement agisse rapidement en vue de corriger tous ces disfonctionnements pour un décollage sûr de notre pays dans une atmosphère de progrès et de prospérité.

 

 

 

Nouakchott, le 17/10/2020

Le Secrétariat général du Syndicat national de l’enseignement secondaire (SNES)

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 22 octobre 2020)

 

 

 

 

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